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De la bienveillance en recherche clinique

jeudi 21 décembre 2017 par Marc Girard

RÉSUMÉ – On revient sur la critique acerbe d’un des auteurs dont j’ai analysé l’article paru dans la revue Nexus, et on la démolit point par point, preuves en main ; on réfute également comme trop facile la critique que je mettrais tout le monde "dans un même sac". On s’interroge ensuite sur la variabilité de la notion de "bienveillance" telle que promue par l’Association Internationale pour une Médecine Scientifique, Indépendante et Bienveillante (AIMSIB) à laquelle appartiennent tous les auteurs de l’article publié dans Nexus. Sur la base d’exemples précis, on montre ensuite que cette "bienveillance" est surtout un indicateur d’irréflexion, puisqu’elle fonctionne objectivement comme outil de censure et d’occultation des principaux problèmes posés par la criminalité médico-pharmaceutique : on en tire que la pseudo-bienveillance promue par l’AIMSIB fonctionne surtout comme un lâche prétexte pour masquer les vrais conflits et se débiner devant la violence croissante de toute cette mafia.

Table des matières

  1. Introduction
  2. La réaction d’un auteur de Nexus
  3. Un sac à entrées multiples
  4. Une « bienveillance » à géométrie variable
  5. La « bienveillance » comme indicateur d’irréflexion
  6. La « bienveillance » comme outil de censure
  7. La « bienveillance », bourreau des extrémistes
  8. La « bienveillance » comme lâcheté
  9. Conclusion

Introduction

Outre que je n’ai des attaques qui me visent qu’une connaissance limitée (elles me remontent généralement par le biais de fidèles indignés), y répondre me motive assez peu, car de deux choses l’une : ou bien celles-ci visent une erreur ou une insuffisance objective de mon propos, et je m’empresse alors d’y remédier autant que possible [1], ou bien elles tiennent de la médisance (souvent agrémentée de médiocrité ou d’incompétence) et j’ai nettement mieux à faire que de les réfuter – sachant que mon engagement public n’est assorti d’aucune exigence de reconnaissance personnelle. Ma motivation n’est pas d’être aimé, admiré ou médiatisé, mais simplement qu’après m’avoir lu, les gens se sentent exhortés à exercer leur intelligence : qu’ils se sentent plus maîtres de leurs représentations et de leur destin, mieux défendus, en un mot, contre les forces exactement antagonistes (les politiques, les médias, les experts, les idiots utiles) qui se conjuguent pour leur faire abandonner leur exigence de dignité – notamment, pour ce qui concerne la principale thématique du présent site, le respect dû à leur corps, à celui de leur(s) partenaire(s) ou de leurs enfants.

Cependant et quoi qu’il m’en coûte personnellement (ce n’est jamais agréable d’aller remuer la merde), il peut m’arriver de répondre à certaines polémiques lorsque d’une façon ou d’une autre, elles me paraissent donner prise à une réflexion utile, malgré leur médiocrité ou à cause d’elle : l’expérience, en effet, m’a enseigné que quelque dégoût que je puisse ressentir à l’endroit de certains contradicteurs, les lecteurs qui m’honorent de leur émouvante confiance attendent de moi que je ne me laisse pas traîner dans la boue par le premier imbécile venu et que, ce faisant, je leur prête des concepts et des mots pour défendre nos idéaux communs. Les gens attendent que me défendant, je défende les valeurs que j’ai fini par incarner à leurs yeux.

C’est pourquoi et après y avoir dûment réfléchi, j’ai décidé de répondre de façon plus circonstanciée (cf. le PS de mon dernier article) aux critiques qui m’ont été récemment adressées par certains membres de l’Association Internationale pour une Médecine Scientifique, Indépendante et Bienveillante (AIMSIB) : non que j’aie la faiblesse de surestimer l’importance de cette récente association à laquelle j’avais d’emblée refusé d’adhérer malgré les fausses séductions de ses objectifs affichés, mais au contraire parce que leurs arguments atteignent, en nullité, une épaisseur qui me paraît exemplaire. Exemplaire de quoi ? Exemplaire, justement, de la vacuité intellectuelle et morale qui attise jusqu’à l’insupportable l’arrogance de la criminalité médico-pharmaceutique, dont Madame Buzyn s’est faite le chevalier servant avec une efficacité qui forcerait l’admiration si elle n’était à ce point répugnante dans son inspiration comme dans ses effets [2].

La réaction d’un auteur de Nexus

Commençons par la réaction d’un auteur de l’article que je me suis permis de critiquer après sa publication dans Nexus, un dénommé Reliquet – pardon : Docteur Reliquet (cf. plus bas). Je ne corrige ni les fautes d’orthographe, ni celles de syntaxe, laissant à mes lecteurs toute latitude pour essayer de deviner si le « flagrant délit de libre expression » qui inaugure ce flamboyant libelle est celui de « tous » (les auteurs de Nexus) ou, au contraire, celui de la « Girarderie Nationale » (mézigue apparemment).

« Yo Maître,

Alors on s’est tous fait choper par la Girarderie Nationale en flagrant délit de libre expression ?

Evidemment il est particulièrement douloureux de se faire démolir par les confrères qu’on lit régulièrement avec plaisir. On m’a demandé de ne pas répondre à la méchanceté alors je me tairai. Bon, juste un mot quand même, pour dire que j’ai pas ouvert mon ordi pour rien ?

Cinquante lignes pour dire que les auteurs se sont mal présentés, on hésite à comprendre. Il ne paye pas l’électricité chez lui pour écrire aussi longtemps à ne rien dire ? On s’est présenté, par correction, ne cherchant justement en rien à se faire passer pour ce qu’on n’était pas, bien que nous ayons veillé à ce qu’un vrai pro (MdL) vienne contrôler la qualité finale du texte.

L’acharnement contre Serge Rader, encore cinquante lignes inutiles (offertes par EDF sûrement) pour dire qu’il était nul d’oser se dire convaincu d’un combat qu’on mène depuis peu, mais quel intérêt des phrases pareilles ? Il n’a pas lu son bouquin « vaccin, oui ou non », il ne sait pas ce que son engagement lui a financièrement coûté énormément et non Serge n’a pas attendu la retraite pour se faire entendre car justement il va réouvrir une pharmacie pour gagner sa vie.

La présentation des renvois de bas de page non conformes mais il se croit en train de lire le British, ma parole ? On est chez Nexus, l’équivalent de VSD, de l’Express, de Paris Match en version sans annonceurs ! De la presse grand public, pas de l’article pour thèsards. Nous avons d’ailleurs été chaudement félicité par la rédaction comme quoi, nuls pour les uns, excellents pour les autres…

Sa sortie sur les trops belles preuves, ça m’a énormément fait rigoler. Le chlorure de magnésium IV qui guérit trop bien le tétanos, relaté par deux médecins français dans des revues d’époque et dans les mêmes termes de rapidité d’action, on sent que ça défrise son sentiment d’omniscience, si c’était vrai, il le saurait déjà. Peu importe que ces observations aient été reprises en 1973 dans les Cahiers de Biothérapie. La rapidité d’action foudroyante existe en médecine, un coma hypoglycémique cède avant la fin d’une injection de G30, comme le sommeil vient avec du Nesdonal, ou la sédation douloureuse avec le Fentanyl. Presque comme le choléra avec des sous-cutanées de sérums d’eau de mer, mais n’allons pas trop loin dans l’évidence. Il a lu le renvoi 16 sur l’utilisation du chlorure de magnésium chez les animaux de ferme ? C’est la vie, parfois les résultats miraculeux existent. C’est sûr que de papiers récents il n’y en a pas, c’est précisément le but de cet article, qu’on se remette au plus vite au travail.

S’agissant du traitement de la diphtérie l’article de Neveu a été publié dans le Concours Médical, quant à la polio nous avons tout retrouvé,les posologies calculées en fonction des poids de corps, la rapidité d’action, l’absence d’effet secondaire et surtout deux recueils complets de témoignages tous plus poignants les uns que les autres comme le montre le renvoi 17. Il y a 50.000 enfants atteints de paralysies flasques aigues post-vaccinales en Inde, on pourrait pas tenter l’introduction de la méthode Neveu dès les premiers symptômes ou la thérapeutique est trop chère, voire trop dangereuse ?

Fernand Delarue prend lui aussi pour son grade. Pour rien, car Girard ne sait pas que cette référence vous amène directement au fac-similé authentifié de la lettre que Delbet écrivit à Neveu suite aux incidents de la cession annuelle de l’Académie de Médecine, avec sa reproduction dactylographiée sur la page d’en face, cette lettre a été reproduite in extenso dans mon dernier article. (1)

L’aimsib a été égratignée aussi, mais ce travail illustre l’exacte raison d’être qui nous anime, mettre en présence tous les métiers, toutes les compétences et toutes les sensibilités autour de thèmes complexes et permettre d’avancer collégialement vers des synthèses. (2)

Voilà. Cet article se voulait un condensé de mémoire et d’histoire contemporaine avec en filigrane un sujet abominablement vivace, l’intrusion des dogmes et des firmes sur la qualité finale de la pensée médicale. La « pègre pharmaceutique » (ça me gêne de dire de qui est la formule) était déjà bien à l’oeuvre dans les années 40… »

N’ayons pas peur du vide et entrons dans le détail de cette réaction qui se voudrait un éreintement.

La merveilleuse saillie inaugurale de mon contradicteur tient à une (très) vague homonymie entre Girard et « Gendarme » [3]. Nonobstant la nullité du jeu de mots, la connotation la plus naturelle de la Gendarmerie, c’est le maintien de l’ordre : il a dû échapper à mon calembourdier de boulevard que dans le cas Girard, ce sont les forces normalement dévolues au maintien de l’ordre social – la justice, en l’espèce – qui se sont acharnées sur lui. C’est-à-dire, en deux mots, exactement l’inverse de ce que Reliquet accrédite sans même avoir la décence de rougir.

Il n’y a rien de plus vil intellectuellement et moralement que de falsifier les situations de fait en occultant les rapports de force sous le pauvre prétexte de faire un mot qui n’est même pas bon. Si Reliquet avait un peu plus lu que ne le laissent deviner sa pitoyable orthographe et sa lamentable syntaxe, il saurait que, dans Madame Bovary, le Maître du calembour n’est autre que Rodolphe, l’archétype du bellâtre, de la fausse contestation associée au conformisme le plus plat, de la vulgarité morale enfin (c’est le gars qui va chercher un verre d’eau pour laisser tomber une grosse goutte afin de simuler une larme sur sa lettre de rupture…). Chez le futur auteur de « l’Éducation sentimentale », cette association entre calembours à la con et trivialité morale n’est pas fortuite [4] : on perd vite son âme à jouer sur les mots sans s’interroger ni sur leur signification, ni sur l’éthique humaine de leur utilisation.

Que dirait-on si, avec la même cachexie d’inspiration, j’insinuais finement que « Reliquet », ça rime avec « freluquet » ? Mais je n’ai pas besoin, moi, de calembours idiots pour poser, pièces en mains, que mon contradicteur en est un, c’est-à-dire, si je m’en réfère au Grand Robert, un être « frivole et prétentieux » [5].

Lorsqu’on prend la parole publiquement, d’autre part (je suis le fil du texte), c’est la moindre des choses (je crois même que c’est une disposition légale) de se présenter. Je veux bien que Michel de Lorgeril ait été « le seul pro » des auteurs publiés dans Nexus, mais qui sont alors « les chercheurs, les médecins et les biologistes » qui inauguraient superbement le chapeau de l’article : des appeaux ? De plus, je veux bien entendre rétrospectivement que « la qualité finale du texte » – carrément – aurait été sous la responsabilité du même Michel, mais comment comprendre la note initiale que tous les co-auteurs « ont participé de façon égale à la rédaction de cet article ? » : que certains auraient été plus « égaux » que d’autres ?... Que ceux qui ont participé n’avaient aucun idéal de « qualité » et qu’ils ont sous-traité ce point de détail ?...

Concernant le pharmacien « lanceur d’alerte » que je me suis permis de gausser, en quoi le fait qu’il envisagerait de rouvrir une officine invalide-t-il ma critique argumentée concernant la stupidité radicale qui consiste à se présenter comme « lanceur d’alerte » en général et à plein temps ? Et si les aléas de sa retraite sont juste imputables aux sévices dont il a fait l’objet, pourquoi Reliquet esquive-t-il ma demande qu’ils soient précisément documentés ? Je n’ai pas l’habitude de parler sans savoir, mais m’autorise à interpréter quand mes demandes de justifications restent sans réponse.

J’adore ensuite le passage où Reliquet se targue que les auteurs admis à publier dans Nexus aient été chaudement « félicité (sic) » par la rédaction… de Nexus. J’ai souvenir d’une conférence ancienne où, avec un humour très américain, l’éminent épidémiologiste A.R. Feinstein avait présenté son dernier livre via une diapo supposée fournir l’écho de la critique, qui se résumait à des vannes bon enfant impliquant ses proches : selon son épouse, le livre était la contribution la plus géniale des dernières décennies, son fils prétendait qu’il n’avait encore rien lu d’aussi fort en médecine, son gendre soutenait qu’on chercherait en vain une contribution aussi érudite, la concierge qu’elle était fière de fréquenter un tel génie, etc. De mémoire, je crois même que Feinstein donnait la parole à son chien. Tout le monde rigolait de bon cœur, mais Reliquet, lui, ne rigole pas quand il soutient que son éditeur a énormément apprécié la contribution qu’il a accepté de publier [6]…

Quant à l’argument de Reliquet visant à justifier que la qualité des références produites soit proportionnée au public visé, c’est le retour du refoulé d’un médecin arrogant (cf. plus bas) qui s’imagine qu’on n’a pas besoin de se casser le cul quand on parle à des profanes : toute ma vie, j’ai entendu des éditeurs ou des journalistes me soutenir que le « blaireau de base » ne pouvait pas comprendre ce que j’essayais d’expliquer, quand tout portait à croire que c’étaient mes censeurs qui ne comprenaient rien à rien. Tout porte à croire, de même, qu’avant de se lancer dans le dénigrement d’un article intitulé « Critique savante, critique profane », Reliquet aurait mieux fait d’essayer de comprendre ce qui s’y disait : ce n’est pas parce qu’on s’adresse à des profanes qu’on est autorisé à les baratiner (par une pitoyable exhibition de titres creux, par exemple…), sachant de plus que dans quelque dynamique de réception qui soit, on peut toujours tomber sur un lecteur « savant » et que celui-là aussi a droit au respect [7]… C’est une singulière confusion, qui ne plaide pas en faveur de mon contradicteur ni de son éthique médicale, de confondre exigence de compréhensibilité et débraillé de l’exposé : puisque Reliquet assume aujourd’hui – mieux vaut tard que jamais – être praticien plutôt que « chercheur », je voudrais bien savoir comment il s’y prend quand il s’agit d’obtenir le consentement informé de ses patients. Éthique médicale, on disait…

Continuons : j’ai toujours assumé de n’être pas clinicien (à ceci près que je ne pense pas être trop mauvais avec mes patients en psychothérapie), mais là, je ne sais pas si je dois me pincer quand j’entends un confrère justifier l’efficacité du chlorure de magnésium – à la dose de 20 g/l – dans une maladie comme le tétanos (et aussi la poliomyélite – mais PAS pour les cors aux pieds) par analogie avec l’efficacité du glucose sur le coma hypoglycémique ! On est là dans une recherche clinique de haute volée… D’habitude tellement propre sur elle (je ne parle pas sur un plan moral…), Madame Buzyn doit littéralement chier dans son froc [8] à l’idée qu’elle va devoir désormais affronter de tels commandos d’élite – et je crois savoir que les analystes financiers prévoient un effondrement catastrophique des cours de la Bourse dans le secteur pharmaceutique, tous les indicateurs d’alerte étant passés au rouge après les terribles attaques portées par Reliquet et ses partisans. C’est évident : ainsi divulgués les effets insoupçonnés du sucre en cas d’hypoglycémie, Big Pharma ne pourra plus jamais nous baratiner. Par cette révélation bouleversante mise à la disposition du public avant le 31 décembre 2017, Reliquet a trouvé le moyen d’éclipser le centenaire de la révolution bolchevique…

Concernant Delarue, j’ai commencé par demander sur la base de quels titres ou travaux cet homme dépourvu de la moindre compétence connue en médecine s’autorisait à parler vaccins avec une telle autorité. Je note en passant qu’à la différence de Reliquet, je me suis moi-même imposé cette élémentaire discipline de justification a priori dès l’ouverture de mon site ; de plus, à chaque fois que j’ai pris publiquement position sur un sujet qui ne s’inscrivait pas naturellement dans le cadre de mes titres et travaux documentables, j’ai éprouvé le besoin de justifier au nom de quoi je me permettais de prendre une position publique (ICI ou , par exemple) ; j’ajoute que m’en tenant à la notion de « titres et travaux », je maintiens la porte ouverte aux « électrons libres » qui peuvent contribuer à une problématique intellectuelle sans l’aval des auctoritates [9]. Toujours à la différence probable de Reliquet, j’ai aussi l’expérience personnelle d’un échange passé avec Delarue lui-même, voici une quarantaine d’années, parce que, contrairement à mon censeur (cf. plus bas), je n’ai jamais refusé de discuter avec quiconque au seul motif qu’il n’aurait pas les diplômes suffisants : il s’avère que pourtant sollicité par Delarue, notre dialogue a été interrompu à son initiative dès notre premier échange, l’intéressé paraissant incapable d’affronter une discussion tant soit peu scientifique, manifestement désarçonné qu’il se trouvait par une exigence pourtant élémentaire de « preuves » [10]…

Or, non content d’ignorer cette question basique concernant les « titres et travaux » qui justifieraient une prise de position publique, Reliquet (qui reste étrangement discret sur les siens) ne craint pas de décrédibiliser celui qui la pose, au motif – strictement sans rapport avec ma question – que Delarue aurait fourni le fac-simile d’un document qu’il présente comme essentiel. À l’examen [11], ce fac-simile concerne la déploration d’un auteur après rejet d’un projet de communication auprès de l’Académie de médecine, péripétie d’une banalité absolue pour quiconque a la moindre pratique de la publication technico-scientifique. Je ne vois vraiment pas en quoi ce document réfute mes critiques visant Delarue qui n’était pas partie à ce débat, tout en remarquant qu’on n’y trouve à aucun endroit l’idée que la promotion de chlorure de magnésium « empêcherait les vaccinations », au contraire de ce qui était explicitement allégué dans l’article de Nexus : après tout, les objections de l’Académie de médecine (dont je me contrefous, soit dit en passant) concernaient peut-être la nullité des preuves supposées accréditer l’efficacité multiforme et miraculeuse du chlorure de magnésium – à la dose de 20 g/l…

Ainsi, d’une question aussi précise que légitime concernant un individu donné (quelle est la compétence de Delarue pour prendre publiquement position sur « l’intoxication vaccinale » – titre d’un de ses livres ?), on est passé à un document sans rapport (lettre privée entre deux individus qui n’ont rien à voir avec Delarue), relatant un refus de publication dont on ne connaît pas la motivation, relatif à une communication dont ne connaît pas le contenu, mais présenté par Reliquet comme assez déterminant pour décrédibiliser l’auteur de la question initiale (« Girard ne sait pas ») : difficile d’être plus exubérant dans l’exhibition de sa confusion intellectuelle.

Quant à l’expression « pègre pharmaceutique », il vaut mieux que Reliquet soit « gêné » de citer son auteur, car ça lui évite une nouvelle falsification : en deux endroits (ICI et ), j’ai effectivement parlé de « pègre », mais en insistant chaque fois sur son essence « médico-pharmaceutique » : faut-il comprendre que ce préfixe fort peu ambigu « gêne » mon contradicteur, si manifestement fier de son titre de « docteur » au point de l’exhiber sans motif probant juste pour impressionner le profane, et de snober ceux qui ne l’ont pas (cf. plus bas) ?

Au total et pour résumer, c’est un signe des temps de voir se jeter dans le débat public – et avec tant d’assertivité – quelqu’un qui ne sait ni écrire, ni raisonner [12], ni résumer l’essentiel des positions en présence, ni comprendre les arguments qu’il prétend critiquer, ni s’en tenir à un minimum de cohérence dans l’agencement des siens : bref, quelqu’un qui, en classe de seconde de l’ancien temps, n’aurait pas obtenu la moyenne à une épreuve de dissertation standard. Fabrique du crétin, on disait…

Un sac à entrées multiples

Autre critique regrettablement indigente, elle aussi glanée sur le forum de Michel : je mettrais tout le monde « dans le même sac » [13]. Si c’était vrai, je serais copain avec « tout le monde » ou, au contraire, honni par « tout le monde » : il n’y aurait pas de milieu.

Le reproche d’excès signe l’excès du reproche : ce qui m’est reproché en l’espèce, c’est de ne pas être l’homme d’un parti ; c’est de récuser l’inclination, parfaitement typique de l’époque et de son égocentrisme forcené, qui consiste à tenir pour mes amis les ennemis de mes ennemis. Sont mes ennemis déclarés tous ceux qui, chacun à sa façon, travaillent à l’avachissement moral et intellectuel des contemporains : si c’est ça, le « sac », sûr que c’est un grand sac…

Cependant, il était où le sac quand, une fois encore seul contre tous, je soutenais contre le gratin des officiels, des experts de l’Agence, des maîtres à penser de Frachon et des héros du REVAHB que l’étude IPPHS mise en place à seule fin de défendre les intérêts de Servier était juste une merde ? Il était où, le sac, quand, quelques années après et en opposition aux mêmes qui avaient juste tourné casaque dans l’entre temps, je me retrouvais de nouveau seul à m’indigner publiquement du sort odieux réservé à la lobbyiste de Servier dans un climat d’hystérie collective attisé jusqu’à l’insupportable (« bienveillance » oblige) par les idoles de l’AIMSIB ? [14].

En fait, dans la culture du narcissisme qui n’a d’autre idéal que la réplétion du moi-je, est réputé fautif que « le sac » où je range les nuisibles ne soit pas le même que celui que mes contradicteurs portent en bandoulière, même – et surtout – s’ils en ont fait l’acquisition sur la suggestion des idiot(e)s utiles promu(e)s par les médias.

De plus, dans une société d’hypocondriaques incapables de résister aux graveleuses séductions du complexe médico-pharmaceutique, de ses laquais et de ses obligés, est réputé fautif que puissent être remis en cause les merveilleux gadgets qui permettent aux gens de se croire dans « le meilleur des mondes » puisque dispensés de penser à plus essentiel que les dysfonctionnements de leur appareil digestif ou autres organes connexes. On se fait vite des ennemis implacables dès qu’on prétend rappeler aux gens que le tragique de la vie n’est soluble ni dans l’obsession de « la santé », ni dans les médecines « parallèles », ni dans « la lutte contre toutes les discriminations ».

Une « bienveillance » à géométrie variable

Au moment où, à l’instigation de Frachon et de ses supporters intéressés [15], le pseudo-scandale Médiator faisait rage, une modeste employée de Servier entre dans le café qu’elle fréquente depuis des années avant de prendre son train de banlieue. Sous les approbations atroces des autres consommateurs, elle s’en fait vertement chasser par le taulier au motif que « ici, on ne sert pas les gens de Servier ». Il ne s’agit pas là d’une anecdote fortuite, mais d’une manifestation caractérisée de la méthode Frachon : indignation pseudo-morale en lieu et place des preuves, monopole de la vertu dans une croisade contre le vice des autres, démagogie poussée jusqu’à la sauvagerie : faut-il rappeler que, aussi incompétente en droit qu’en bien d’autres domaines, l’icône de Brest s’est publiquement indignée lorsque, dans les procédures où il s’est vu attrait, le Laboratoire Servier a osé se présenter avec ses avocats et ses experts privés ? C’est-à-dire que ce salaud de Servier prétendait – crime abominable – faire valoir son droit à se défendre : c’est pourtant un acquis précieux de la civilisation – dont on voit encore de nombreux contre-exemples de par le monde – qu’il faille plus que les vociférations d’une femme excitée pour justifier le lynchage d’un présumé coupable [16]… En tout état de cause : elle était où la bienveillance ?

À peu près vers la même époque, allons à la télé, pour y affronter un autre héros de l’AIMSIB : le professeur Philippe Éven (j’ai déjà raconté cette anecdote dans un précédent ouvrage : Médicaments dangereux, pp. 32-35). Alors que, modestement, j’essaie d’expliquer au public les ambiguïtés de l’idée reçue qui fait des Français « les plus gros consommateurs de médicaments au monde », Éven m’agresse avec une arrogance inouïe pour m’enjoindre textuellement de ne pas parler de ce que je ne connais pas. Sept ans après, j’attends encore qu’il tienne sa promesse de me communiquer les « références » qu’à l’entendre, j’étais supposé ignorer, mais dans la mesure où son torche-cul à succès consacré aux médicaments ne craint pas de citer comme telle le livre de Frachon consacré à Médiator, je crains que lui et moi n’ayons pas la même conception de ce qu’on appelle une « référence ». Il est de toute façon patent que, malgré son omniscience de fils-de, Éven n’a jamais même pensé qu’il pût y avoir une différence majeure entre médicaments vendus et médicaments consommés. Qu’il n’a non plus jamais pensé que la thèse du « plus gros consommateur au monde » faisait l’affaire de ceux qu’il prétend combattre, puisque si c’est le Français moyen qui demande, l’industrie pharmaceutique serait mal fondée de lui opposer un refus de vente. Bref, du grand n’importe quoi. Comme avec mon exemple précédent concernant Frachon, cependant, il ne s’agit pas là d’une anecdote fortuite, mais d’une manifestation caractérisée de la méthode Éven : laquelle consiste à s’autoriser à parler de tout, même de ce qu’il ne connaît évidemment pas (la réglementation pharmaceutique, entre autres) et à dissimuler l’indigence de ses propos derrière l’invective : je l’ai entendu de mes propres oreilles dénoncer « la sénilité » de confrères manifestement plus jeunes que lui au sujet des génériques dont j’ai donné assez de preuves qu’il n’y connaissait rien. En tout état de cause : elle était où la bienveillance ?

Venons-en à cet autre bienveillant de l’AIMSIB qui s’autorise à déplorer ma « méchanceté ». Il s’avère qu’avant que je ne mette en ligne ma critique de l’article paru dans Nexus, Reliquet était entré en contact non sollicité avec l’une de mes correspondantes, professionnelle de santé elle aussi, après qu’elle eut participé à un forum consacré aux vaccinations. À première vue, le bienveillant de l’AIMSIB aurait aimé obtenir d’elle une contribution sur le sujet. Écoutons la suite narrée par l’intéressée, une fois précisé qu’elle est juste infirmière – et historienne de formation.

« J’ai bien apprécié votre billet sur l’article de Nexus, et bien entendu vous avez tapé juste ; le manque de qualification des auteurs me saute d’autant plus au yeux que suite à un commentaire sur un article parlant de l’extension de l’obligation vaccinale, j’ai été approchée par le Dr Reliquet de l’AIMSIB qui recherchait désespérément des contributeurs qualifiés pour écrire une série d’articles sur les vaccins concernés.

Le ton fut plus que flatteur voire carrément obséquieux (ce que je fis ostensiblement remarquer à mon interlocuteur parce que pour moi ça ne présage jamais rien de bon) jusqu’à ce que je donne ma profession, et alors, patatras : plus de nouvelles.

Bon, je ne dois pas être assez qualifiée (ça, moi je le savais...). A la réflexion, je pense que je n’ai pas de titres assez flatteurs à présenter. Même s’ils n’ont rien à voir avec la vaccinologie, l’infectiologie, l’épidémiologie et la médecine (en gros).

(…) Que le cul lui pèle comme on dit dans le midi. Je dois reconnaître que même si j’avais été médecin ou pourvue de tout titre académique lui suffisant, je n’aurais jamais collaboré avec lui. Pour le dire poliment je n’aime pas les cafards visqueux (et encore, c’est pas sympa pour les cafards). »

À deux trois riens, on reconstitue que le gars-là a dû vaguement rater sa prestation de « bienveillance »…

De nouveau, il ne s’agit pas là d’une anecdote fortuite, mais d’une manifestation caractérisée de ce qui transparaît si lisiblement dans la prose de Reliquet : en imposer aux profanes par une exhibition de titres sans rapport évident avec l’objet du débat. Il est amusant de mettre ce précédent récent en rapport avec son émouvante profession de foi :

« l’exacte raison d’être qui nous anime, mettre en présence tous les métiers, toutes les compétences et toutes les sensibilités autour de thèmes complexes et permettre d’avancer collégialement vers des synthèses »

Faut-il même commenter ? « Tous les métiers » – sauf celui d’infirmière, cela va de soi [17]. Tu vois, cher Michel, tellement porté sur le décorum de la sagesse orientale : en France aussi, on a nos parias – surtout chez tes amis qui portent haut l’étendard de la « bienveillance »…

Que dire, enfin, de cette invraisemblable conne elle aussi membre actif – mais surtout agité – de l’AIMSIB, qui a fini par lasser jusqu’à son avocate et qui déplore mes « attaques contre à peu près tout le monde » (c’est encore l’histoire du « grand sac » : cf. ci-dessus). Cette compulsion personnelle à la malveillance s’expliquerait selon elle comme une réaction d’aigreur certes regrettable, mais finalement compréhensible (« bienveillance » AIMSIBienne oblige…) compte tenu des sévices qui se seraient abattus sur moi par suite de la « grosse erreur » que j’aurais faite en apparaissant « à ses côtés » au cours d’une émission télé qu’elle reconstruit comme lui ayant été consacrée alors que, selon une procédure médiatique exaspérante mais classique, elle n’avait été invitée que comme badaud anodin destiné à jouer le rôle de « témoin » qui permet, sous couvert de vécu, d’esquiver vers le pittoresque l’essentiel des vrais sujets qui pourraient fâcher (ça occupe du temps d’antenne). Ne se sentant plus pisser depuis ces quelques minutes de ce qu’elle interprète comme une consécration (passer à la lucarne juste pour faire du bruit avec sa bouche), elle ne cesse de se présenter comme actrice centrale de la justice sanitaire, justement crainte des puissants, alors qu’elle n’a jamais rien fait d’autre depuis vingt ans que multiplier les interventions aussi idiotes qu’omniscientes pour organiser l’impasse dans laquelle elle et ses semblables ont, par voie d’association, jeté les victimes du vaccin contre l’hépatite B : en tressant une couronne de lauriers au principal responsable de la pharmacovigilance lors de ce scandale, en abrutissant toute personne impliquée de ses consignes aussi despotiques qu’incongrues concernant la conduite à tenir à l’égard des universitaires étrangers ou français, des journalistes, des politiques, des juges d’instruction, des magistrats, de la Cour de cassation, des avocats, des associations, de la femme du curé – j’en passe, sans doute, et des meilleures… La charité interdit de poser le diagnostic étiologique le plus probable de ce délire d’omniscience qui s’aggrave avec le temps.

La « bienveillance » comme indicateur d’irréflexion

Ainsi démontré par l’exemple que la « bienveillance » dont se prévaut l’AIMSIB a, en pratique, la consistance du vent, il est intéressant de s’interroger sur le type d’irréflexion qui a pu conduire à une telle impasse.

Il est patent que la bienveillance telle que promue par l’AIMSIB est un concept tautologique : hormis, par ironie, l’auteur de ces lignes, qui s’est jamais targué de cultiver la malveillance ? Quelle peut être la portée opérationnelle d’un concept dont l’antithèse n’est concevable que comme insulte ? Si la bienveillance peut correspondre à l’exigence éthique d’un comportement personnel, elle ne saurait fournir la moindre direction pour une action collective, attendu que comme illustré par l’espèce, la malveillance, c’est forcément les autres.

La pauvreté du concept s’illustre encore des efforts déployés par Michel de Lorgeril pour nier l’évidence au nom de principes spirituels mis à la mode depuis cinquante ans sous l’influence de la génération hippie. À l’entendre, son point de vue serait « Bhagavadgitiste », par contraste avec le mien qui serait juste celui d’un « grincheux » – en toute « bienveillance » bien ordonnée, je présume… Or, sans aller jusqu’en Asie au risque de m’y faire malmener dans les atrocités religieuses traditionnelles (dont certaines occupent encore une bonne place dans l’actualité) où conduit si paradoxalement l’idéal d’harmonie universelle, j’ai – moi aussi – appris, dans ma Mayenne natale, qu’il fallait tendre la joue gauche quand on se faisait frapper sur la joue droite ; mais également, et par-dessus tout, qu’il fallait « savoir rester à la place où Dieu nous a mis » – objectif qui m’aurait sans doute épargné la hargne des amis de Michel (et de bien d’autres) si j’avais eu l’humilité de m’y conformer… Sans m’étendre sur ce sujet qui pourrait nous emmener loin, j’en tire, mon cher Michel, qu’en matière de philosophie aussi, il faut savoir reconnaître les effets indésirables des beaux principes qu’on promeut…

Au contraire de l’AIMSIB, je n’ai pas la prétention de faire le boulot du Bon Dieu, à savoir sonder « les reins et les cœurs » pour séparer les boucs (les malveillants) des brebis (les bienveillants). Converti à « la science » que je cultive comme éthique de la connaissance, je n’ai même pas la prétention de l’imposer à qui que ce soit : mais je me contente d’être impitoyable avec les sales cons qui prétendent en user pour dominer leur Prochain – qu’ils soient experts bien en cour ou antis de toute sorte, mais tout aussi imposteurs.

Si imparfaits soient-ils dans leur état actuel, mes « critères intrinsèques » de crédibilité, dans leur idéal de délimitation et de réfutabilité exactement antagonistes avec ceux de l’AIMSIB, visent à permettre une certaine autonomie de jugement en esquivant l’illusion de toute-puissance – notamment celle qui découle de la bonne conscience.

Exemples de ces critères dont on trouvera mille illustrations sur mon site :

  • D’où tire-t-il sa prétention à parler ?
  • Qui l’a fait expert ?
  • Sur quelles références puis-je aller vérifier ce qu’il prétend ?
  • Ce qu’il soutient à tel endroit est-il bien compatible avec ce qu’il a affirmé ailleurs ou naguère ?

J’ai la prétention de croire que ces principes modestes, mais éprouvés par une longue expérience de clarification démocratique, sont moins hallucinogènes que celui de « la bienveillance »…

La « bienveillance » comme outil de censure

L’AIMSIB n’a pas – pas encore ? – les moyens de tuer dans l’œuf la « malveillance » des autres, mais elle a d’ores et déjà une propension à les censurer. Un seul exemple suffira.

À tort ou à raison (peu importe en l’occurrence), j’avais une réputation de critique plutôt crédible à l’endroit du complexe médico-pharmaceutique, assez établie pour que des gens comme Reliquet avouent me lire « avec plaisir » (tandis que selon un ami opérant, lui, comme avocat de Big Pharma, les gens du milieu me « déteste[raie]nt tous »). L’esquisse d’une éventualité d’ombre de difficulté potentielle a – vaguement – émergé quand il est apparu que je ne cédais pas à la frachonmanie : à l’évidence, l’idée qu’on pût être critique avec la pharmacie industrielle sans être un adorateur inconditionnel « d’Irène » – comme Michel de Lorgeril l’appelle affectueusement – dépassait l’entendement du plus grand nombre. Qu’à cela ne tienne : l’apparente divergence entre l’icône de Brest et l’ayatollah des Yvelines [18] tenait simplement à un manque congénital de « bienveillance » chez le second, associé à un caractère évidemment « grincheux » (je me contente de citer).

L’intérêt de cette décrédibilisation morale et psychologique ad hominem, c’est qu’elle a permis aux promoteurs de l’AIMSIB de se présenter sous couvert de bienveillance inclusive (chez nous, il y a place pour toute personne de bonne volonté, incluant les « grincheux » comme Girard), tout en les dispensant de lire ou d’entendre ce que disait vraiment le dénommé Girard, à savoir : i) que la mystification Frachon servait à ne pas poser les questions de fond qui s’imposaient après les imprévus catastrophiques de l’opération H1N1 (et que son manager Bapt avait, lui aussi, soigneusement esquivées) ; ii) que le détournement d’indignation opéré grâce à Frachon permettait aux autorités de se remettre tranquillement au travail pour réaliser le rêve de Big Pharma consistant à imposer, par tous les moyens, une consommation maximum de vaccins (en remarquant que les derniers propos publics de Frachon qui soient remontés à mes oreilles consistaient, comme par hasard, à dénigrer ceux qui dénoncent la politique vaccinale des autorités). Savoir si, dans cette histoire, Irène Frachon s’est comportée en idiote utile ou si, au moins vaguement, elle a eu conscience du rôle qu’on lui faisait jouer n’est certainement pas la façon dont un psychanalyste analyse la séquence, surtout quand il a – en sus – une certaine connaissance du marketing pharmaceutique contemporain…

Il faut à l’excellent Michel de Lorgeril un optimisme proche de l’extase védique pour proclamer que sans l’action des figures tutélaires de l’AIMSIB (telles que la chère Irène) visant à « ouvrir les yeux de nos citoyens », « la loi sur les vaccins obligatoires serait passée comme une lettre à la Poste ». En lisant ça, m’est revenu le sketch ancien de Guy Bedos racontant comment il s’était fait casser la gueule après avoir prétendu défier un caïd de banlieue : « j’avais un œil au beurre noir, mais dans l’autre, une ironie !... ». Réveille-toi, mon cher Michel : prends la mesure des abominables cocards que la ministre a infligés à tes ami(e)s et demande-toi, mais sérieusement, ce qui manque à l’AIMSIB pour contrer l’insolence triomphante de Big Pharma et de ses servant(e)s.

Comme je ne tiens pas du tout à me fâcher avec Michel dont je respecte l’engagement intellectuel, qu’il me permette – juste pour détendre l’atmosphère – une seconde vanne suggérant qu’il y a toujours une marge d’interprétation pour réhabiliter une contribution pas convaincante à première vue, la seule question étant de savoir si cette marge est raisonnable. C’est l’histoire de deux gars qui montent un col en tandem. En arrivant au sommet, le cycliste de derrière s’exclame : « Putain la vache ! Qu’elle était dure cette côte ! J’ai cru qu’on n’y arriverait jamais ». À quoi celui de devant, rétorque très excité : « Et encore, si je n’avais pas tout le temps serré les freins à mort, on serait redescendus tout en bas ! ». On pourrait facilement adapter l’histoire aux mérites objectifs d’Irène Frachon, à ceci près qu’avec elle en position de devant, on n’a pas gagné un centimètre pour monter la côte : au contraire, elle a gesticulé de façon tellement hystérique qu’elle a fini par nous faire tomber dans un ravin – le trop fameux ravin Buzyn que redoutent, à juste raison, les gens qui connaissent un peu la région…

La « bienveillance », bourreau des extrémistes

C’est une tendance facile à repérer dans l’histoire contemporaine : à chaque fois que les puissants ont eu besoin des opprimés pour asseoir ou élargir leur pouvoir, ils se sont ensuite débarrassés d’eux – et de façon impitoyable – en dénonçant leur « violence », avec force moues de dégoût.

À ce sujet, j’ai déjà eu l’occasion de citer la belle analyse de Martin Luther King.

« J’en suis presque arrivé à la conclusion regrettable que le grand obstacle opposé aux Noirs en lutte pour leur liberté, ce n’est pas le membre du Conseil des citoyens blancs ni celui du Ku Klux Klan, mais le Blanc modéré qui est plus attaché à l’« ordre » qu’à la justice ; qui préfère une paix négative issue d’une absence de tensions à une paix positive issue d’une victoire de la justice ; qui répète constamment : ‘Je suis d’accord avec vous sur les objectifs, mais je ne peux approuver vos méthodes d’action directe’ [19] (...) En réalité, ce n’est pas nous qui créons la tension en nous lançant dans l’action directe non-violente de désobéissance civique. Nous nous contentons de rendre visible une tension cachée qui existe déjà. Nous l’étalons au grand jour, là où elle peut être observée et traitée (...) Aussi la question n’est-elle pas de savoir si nous voulons être des extrémistes, mais de savoir quelle sorte d’extrémistes nous voulons être. Serons-nous des extrémistes pour l’amour ou pour la haine ? Serons-nous des extrémistes pour la préservation de l’injustice ou pour la cause de la justice ? »

En quelques lignes seulement, l’essentiel est dit – et, sur la base de mon expérience, il me fait venir les larmes aux yeux. Surtout par rapport à une problématique aussi aliénante que la médicalisation [20] (qui ne souscrirait au noble projet de promouvoir « LA santé » ?), la priorité des vrais critiques du système, c’est une mission de dévoilement – de dévoilement des « tensions », justement, que ledit système s’efforce de dissimuler par tous les moyens : montrer les enjeux iatrogènes et financiers des bons apôtres tellement obsédés par notre « santé » qu’ils sont prêts à nous ruiner, à nous mutiler ou à nous envoyer en prison en l’honneur d’elle.

Dans cette perspective (et sous les réserves que j’ai d’emblée émises dès mon introduction), je suis au regret d’affirmer qu’avec ses objectifs tels qu’actuellement formulés, l’AIMSIB m’apparaît au contraire une singulière entité de dissimulation – de dissimulation des vrais enjeux [21]. Ci-dessus, j’ai déjà eu l’occasion de montrer comment, grâce au concept fallacieux de « bienveillance », des membres de l’AIMSIB avaient totalement occulté le contenu de mes analyses, alors que sans vouloir la ramener plus que nécessaire, il serait aujourd’hui difficile de m’en contester l’acuité et la pertinence [22]. Un second exemple va permettre, de façon encore plus nette, de montrer à l’œuvre ce parti-pris d’occultation (qu’il soit conscient ou inconscient, peu importe).

Dans un commentaire suivant de peu celui de Reliquet qui a introduit le présent article, une dénommée Souris7, avant de clamer « bravo » aux auteurs de Nexus, justifie leur article de la façon suivante :

« Si l’utilité du DTpolio est remise en cause, tout l’édifice s’écroule et le brasier avec. »

Puis-je, sans encourir le reproche de n’être qu’un prédateur malveillant de petits rongeurs (Matou007), faire remarquer à l’excellente Souris7 que ce n’est pas parce que nous sommes au mois de décembre qu’il faut relancer la légende du Père Noël :

  • Alors que ça doit faire peu ou prou un siècle que, sous une forme ou une autre, le DTP est sur le marché à un prix qui n’a jamais intéressé Big Pharma, l’enjeu est désormais la maximisation des ventes de Gardasil, le vaccin le plus cher de l’histoire (420 € la primo-vaccination), tout portant à penser que la tendance continuera à la hausse, avec celui-là comme avec ceux qu’on nous promet dans l’avenir.
  • Une démonstration d’inefficacité du DTP est d’autant moins susceptible de faire « s’écrouler l’édifice » qu’on attend toujours la moindre preuve sérieuse d’efficacité de Gardasil dans son indication naturelle (prévention du cancer du col), ALORS QUE l’enjeu est aujourd’hui de le rendre : i) obligatoire ; ii) même chez les garçons (dont le col utérin est l’une de leurs vulnérabilités aussi exquise que notoire). Si on n’a pas besoin de montrer l’intérêt de Gardasil pour l’imposer à tout le monde, en quoi une démonstration d’inefficacité concernant un vieux machin qui n’intéresse personne (et qui, à ce titre, n’est même plus sur le marché) serait-elle de nature à bouleverser la donne ?
  • Comme je me suis efforcé de le montrer dans l’article auquel répond Souris7, les auteurs de Nexus – avec leurs galéjades sur le chlorure de magnésium (à la dose de 20 g/l) et leur obsession réductionniste sur les anticorps – n’ont simplement pas la compétence [23] pour évaluer le rapport bénéfice/risque du DTP (ils en ont peut-être d’autres, mais pas celle-là) [24].

Ainsi, à quelques e-mails de distance sur le même site, les interventions de Souris7 et de Reliquet me paraissent encadrer de façon fort évocatrice l’essentiel de ce qu’il ne faut PAS faire relativement à l’idéal de « dévoilement » promu par M.L. King.

  • En s’en tenant à une vision que j’ose qualifier de « sentimentaliste » (« les promoteurs des vaccins vont quand même bien finir par comprendre qu’ils ont tort »), Souris7 passe complètement à côté des vrais « enjeux » (pour parler comme King), qui sont d’une implacable férocité (notamment parce que les instances officiellement chargées de dire qui a tort sont gangrenées jusqu’à l’os par l’incompétence et par le lucre).
  • En dissimulant son incompétence grâce à la stratégie du poulpe – qui consiste à asperger ses adversaires avec l’encre d’une agressivité réflexe, mais indistincte – Reliquet ne contribue pas non plus à clarifier quoi que ce soit, c’est le moins qu’on puisse dire…

La « bienveillance » comme lâcheté

Or, si les pauvres et les exploités en sont réduits à une certaine violence (ne serait-ce que de dénonciation ou de manifestation), c’est que le système dont ils cherchent à se désincarcérer est infiniment plus violent. Je l’ai déjà dit – et j’accueillerais avec gratitude qui me donnerait les clés pour rectifier cette intuition : l’élargissement des obligations vaccinales réalise le moment d’une violence capitaliste sans précédent, celui où, sous menace de représailles judiciaires, l’on force les gens à acheter des biens dont ils n’ont nul besoin et qui leur sont même dommageables. Pour effrayant qu’il apparaisse ainsi objectivement, ce « coup de force » n’est que la première étape d’un asservissement bien plus considérable, impliquant, outre de nouveaux élargissements vaccinaux, des obligations exorbitantes de consommation sanitaire imposées avec la complicité de l’assurance maladie et des mutuelles sous les applaudissements de la presse de gôche.

Avec l’aide des Cohn-Bendit de tout poil si typiquement ralliés au cynisme macronien, le capitalisme a traversé une phase où sa domination a pu s’exercer principalement par la séduction et l’abêtissement des gens (moyennant d’innombrables stratégies d’occultation permettant de décrédibiliser comme « malveillants » ceux qui déploraient la brutalisation du système [25]). Mais cette pause d’un demi-siècle n’a que trop duré, et il est temps que le système, conforté par la croissance vertigineuse des inégalités (notamment, celles du savoir – mais aussi des moyens pour corrompre les instances de contrôle), revienne à sa vraie nature. Le nouvel esprit du capitalisme est en voie de mutation brutale, et le temps n’est pas loin où, comme parfaitement illustré par l’action déjà impitoyable de Madame Buzyn (succédant aux mystifications de la « démocratie sanitaire » encore promue par Touraine pour le plus grand bonheur des imbéciles), la schlague va se substituer aux séductions fallacieuses de la critique artiste – éventuellement grimée en « bienveillance » ou en sagesse hindouiste.

Conclusion

Pardon d’avoir été un peu long, mais c’est le jeu du dévoilement quand on le veut radical. J’ai voulu montrer par l’exemple l’incongruité du concept de « bienveillance » appliqué à l’action, et surtout à l’action collective. Car, comme le rappelle le Grand Robert,

La bienveillance et la bienfaisance sont aisées à distinguer. L’une consiste à vouloir et l’autre à faire du bien ; l’une s’en tient au désir, l’autre en vient à l’accomplissement.

Il suffit de recenser l’œuvre objective d’Irène Frachon, figure tutélaire de l’AIMSIB, pour apercevoir le fossé qui sépare le « désir » et « l’accomplissement », surtout quand ce désir n’est n’a eu d’autre critère de validation que les allégations de celui/celle qui s’en faisait l’apôtre… Comme l’a soutenu depuis le début un certain malveillant grincheux, psychanalyste de surcroît, « l’accomplissement » du désir, ça peut être « pire qu’avant » [26]…

Je l’ai dit en introduction, et je le répète en conclusion, car c’est pertinent pour l’espèce : je n’ai aucun objectif d’être aimé, admiré ou médiatisé. Ce n’est pas que la réception de mes travaux m’indiffère : pour autant qu’il ne soit pas manipulé par les fabricants de vaccins comme ce fut le cas avec l’une des idoles actuelles des anti-vaccinalistes, un prix Nobel arrangerait bien mes finances, tandis que je préférerais voir mes ouvrages se vendre à trois millions d’exemplaires plutôt que de se retrouver au pilon à l’initiative d’un éditeur dépassé. Mais c’est simplement que je ne suis prêt à aucune concession de fond pour assurer ma reconnaissance.

Mon idéal d’extrémisme (pour parler comme M.L. King), c’est ce que j’appelle « la méthode Saint Jean-Baptiste » : me retirer dans le désert, y parler à voix haute en fixant l’horizon, à charge pour qui veut de venir m’écouter. Si j’en crois mon évangéliste préféré, il arrive même que ça marche en termes de réception (Mc, I, 3-5) : on peut donc toujours espérer…

Induits en erreur par la pauvreté de mon accoutrement (une peau de chameau), certains imbéciles se croient autorisés à venir me cracher à la gueule. Il leur a simplement échappé que Saint Jean-Baptiste garde toujours à portée de main un gros bâton – parfois habilement déguisé en croix : or, rien de plus traumatique qu’un retour de bâton dans la tronche, surtout quand celui qui le brandit a enfilé sa peau de chameau.

La preuve, et à bon entendeur…

[1] Les plus attentifs de mes lecteurs ont pu remarquer que l’ensemble de mes contributions, même les plus anciennes, est toujours susceptible d’un remaniement, fût-il minime, en fonction des critiques qui parviennent à ma connaissance quand elles sont justifiées, ou de l’approfondissement de ma réflexion.

[2] À titre liminaire, je signale que par souci de concision et pour éviter les périphrases interminables, j’évoque – et critique – l’AIMSIB comme s’il s’agissait d’un tout homogène : mais je n’ignore pas que certains de ses membres comptent parmi mes soutiens et amis les plus précieux, et j’ai bon espoir qu’ils n’auront aucune peine à reconnaître de qui ou quoi je parle en dénonçant indistinctement « l’AIMSIB ».

[3] Quand j’étais à l’école primaire, le lazzi « Girard-girafe » volait déjà plus haut.

[4] M. Girard. La passion de Charles Bovary. Imago, 1995.

[5] Le Robert inclut « la jeunesse » dans sa définition du mot : mais, surtout à l’époque actuelle, il n’y a plus d’âge – notamment parce que, grâce à la Toile, il n’y a pas de sanction – pour être creux et baratineur.

[6] C’est à des détails comme ça qu’on reconnaît le mec avec une expérience éprouvée de la publication technico-scientifique.

[7] Mettre au point, et à chaque fois, une bibliographie utilisable tout autant par des professionnels que par des profanes, est une des raisons rendant compte de ma productivité relativement limitée malgré une certaine aisance d’écriture.

[8] Réaction physiologique de terreur parfaitement décrite et répertoriée chez les troupes au sol soumises à un impitoyable bombardement.

[9] Ma formation intellectuelle a été très tôt marquée par l’exemple du regretté Philippe Ariès, l’éminent historien de la vie familiale sous l’Ancien Régime, durablement snobé par nombre d’universitaires français au motif que, professionnellement, il exerçait comme « importateur de fruits tropicaux ». J’ai une expérience personnelle du même ostracisme dans mes travaux littéraires, même si ceux-ci m’ont valu d’être précocement invité par des instances aussi prestigieuses que l’Université d’Oxford…

[10] La survivance de l’esprit magique est un phénomène fréquent chez les autodidactes convertis à « la Science », notamment les anti-vaccinalistes et les promoteurs des médecins « douces », qui savent tout sans avoir jamais rien étudié sérieusement (c’est-à-dire, par exemple, ailleurs que dans les ouvrages de Sylvie Simon). Elle se rencontre aussi chez certains universitaires, surtout ceux qui ont été pré-formatés par une école publique reconvertie en fabrique du crétin.

[11] À la différence des auteurs de Nexus, j’ai l’habitude de vérifier le contenu exact des documents qu’on prétend m’imposer comme « référence »… Récemment, sur le forum du docteurdu16, une collègue toxicologue s’est étonnée que dans l’affaire des perturbateurs endocriniens, elle et moi ayons été apparemment les seuls à avoir pris effectivement connaissance d’un article exagérément médiatisé pour relancer l’histoire.

[12] J’ai dans mes correspondants beaucoup de citoyens humbles qui n’ont eu qu’une formation scolaire minimum, mais qui – eux – savent parfaitement raisonner.

[13] Variante : « Marc Girard ne détient pas non plus la vérité sur tout ». Il me suffit de n’avoir point tort sur les sujets bien délimités que je m’autorise à évoquer publiquement.

[14] Un reproche de la même eau vise ma prétendue arrogance, voire mon illusion d’« omnipotence ». Mais ce n’est pas de l’omnipotence que de dénoncer l’usurpation de compétence : dire qu’un « expert » est nul ne signifie en rien qu’on prétend être meilleur que lui. Dans ma vie, je suis allé une seule fois à Roland Garros – pour voir Pete Sempras, alors numéro un mondial : il a joué lamentablement, étant malade ce jour (il avait une gastro-entérite et se traînait lamentablement après la balle). Quand je suis rentré chez moi en disant qu’il avait été nul, je n’avais aucun doute que, même avec la déripette, il m’aurait mis une pâtée…

[15] Au premier rang desquels Gérard Bapt qui était alors en quête d’un prétexte pour faire oublier sa lamentable pusillanimité lors de la commission d’enquête parlementaire sur le scandale H1N1 et avait, de toute façon, besoin de faire parler de lui pour accréditer, contre les jeunes loups du PS toulousain, qu’il n’était pas encore bon pour la casse dans la perspective des prochaines législatives.

[16] D’où il ressort, soit dit en passant, que n’est pas forcément un progrès de la civilisation la précipitation avec laquelle des hommes publics peuvent se voir sanctionnés sur la moindre dénonciation de "harcèlement sexuel", avant même toute enquête contradictoire (cf. encore Le Monde du 24/12/17, à propos du chef d’orchestre Charles Dutoit).

[17] À une époque, de plus, où la plupart des médecins ne disposent même plus des savoir-faire basiques qui leur permettaient jadis de faire jeu égal avec les infirmières dans la pratique quotidienne : nettoyer une plaie, faire un pansement, injecter en intraveineux, poser une perfusion…

[18] J’ai raconté ailleurs que j’étais arrivé dans le coin juste quand Khomeiny l’avait quitté, d’où le surnom que mon intransigeance m’avait rapporté chez certains collègues (pas tous bien intentionnés...).

[19] Dans ma vie, je ne compte pas le nombre de gens (incluant des proches) qui m’ont dit « je suis d’accord avec vous/toi, mais… ».

[20] Mais pas seulement. Cette décrédibilisation a priori de toute violence rend compte, entre autres, de la crise éducative qui traverse l’époque. La difficulté de l’éducation, ce n’est pas de jouer à être le Père Noël des enfants ou de s’appliquer à devenir "leur copain" : c’est de savoir se mettre en travers de leur chemin quand il le faut. Il va de soi que ça peut requérir une forme ou une autre de "violence" - laquelle n’est clairement pas à la mode...

[21] Je note au passage que l’insurpassable force du néo-capitalisme, c’est d’avoir aboli la censure et l’interdiction au profit de l’invisibilisation : ainsi et à titre d’exemple particulièrement actuel, on ne s’interrogerait pas avec componction sur les risques de l’automatisation ou de la robotisation si liberté était donnée d’en montrer les ratages, surtout quand ils sont grotesques.

[22] L’argument, ici, n’est d’ailleurs pas que mes analyses étaient fondées : il est simplement qu’elles ont été ignorées au seul motif de ma malveillance présumée.

[23] Ils n’ont pas cette compétence parce que : i) ils restent englués dans une conception pharmacologique (les anticorps) qui n’a rien à voir avec l’évaluation pharmaco-épidémiologique des vaccins ; ii) ils ne connaissent strictement rien de la réglementation pharmaceutique ; iii) ils n’ont du marketing pharmaceutique qu’une conception superficielle, Frachon-compatible, c’est-à-dire simplement démagogique. S’ils comprenaient plus finement les choses, ils apercevraient immédiatement le parti que les sponsors industriels de Sainte Irène peuvent tirer de sa démesure histrionique dans le dénombrement des victimes de Médiator…

[24] Sans m’étendre sur le sujet qui nous emmènerait trop loin, j’ajoute qu’à défaut de « preuves » indubitables, celui contre le tétanos est l’un des rares vaccins pour lequel existent des indicateurs convergents d’une certaine efficacité.

[25] Il est significatif que les arguments de la Cour de cassation pour justifier le refus de ma réinscription comme expert judiciaire soient très proches de ceux de l’AIMSIB : là où la seconde déplore mon manque de « bienveillance » requis par son programme, la première dénonçait un manque flagrant à la vertu « d’impartialité » telle que censément cultivée par la justice. Il suffit de voir à l’œuvre (notamment dans les procédures d’accident vaccinal) ceux qui restent après exclusion des « malveillants » ou des « partiaux » pour démasquer l’inconscient du reproche.

[26] De façon exactement contemporaine du présente article, Le Figaro économie (18/12/17) publie un article dénonçant l’hypocrisie de la notion de "bienveillance" telle qu’aujourd’hui si souvent prônée dans le monde du travail. On y lit textuellement : " La « bienveillance » est une valeur à la mode dans les entreprises. Mais très souvent, il s’agit d’un double discours qui ne reflète pas la réalité vécue au quotidien", avant l’estocade : "décalage abyssal entre discours en externe et pratique en interne". C’est, à trois poils, ce que je me suis appliqué à illustrer à propos de l’AIMSIB...

Une semaine après (Le Monde, 25/12/17), critiquant les fausses promesses de Macron concernant les SDF, l’association Droit au Logement écrit non moins textuellement : "Quand on nous parle de bienveillance et qu’on supprime toutes les aides, on voit que c’est de la cupidité, et du soutien à ses amis, les riches. » Je ne suis clairement pas le seul à penser que la notion de bienveillance "a la consistance du vent", et il serait temps que ceux qui veulent lutter effectivement contre la criminalité médico-pharmaceutique trouvent un concept un peu plus opérationnel : malgré la violence des attaques que m’a rapportées mon scepticisme (cf. plus haut), ce sera pour moi une nouvelle cause de sérénité que d’avoir d’emblée - d’instinct - refusé d’adhérer à une association qui s’en prévaut comme d’un mot d’ordre chargé de sens.


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