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Obligations vaccinales : le Justicier masqué a encore frappé sur Europe 1

samedi 22 août 2015 par Marc Girard

RÉSUMÉ - On s’interroge sur l’annulation de dernière minute d’une invitation à participer sur Europe 1 à un débat (18/08/15) censément consacré aux obligations vaccinales, avec le Prof. Marc Gentilini comme interlocuteur. On constate qu’en conséquence de quoi, le débat sur les obligations a été totalement occulté, et qu’il a été remplacé par une chamaillerie assez lamentable ("minable" selon l’un des intervenants) sur "les vaccins" en général. Considérant la gêne palpable qui a été celle de la station pour annuler mon invitation sous un prétexte trop facilement réfutable, on se demande : i/ quel était l’objectif d’une telle annulation ? ii/ qui peuvent être ceux qui l’ont exigée et obtenue ? On conclut sur une nouvelle mise en garde concernant l’évident objectif de nos autorités, à savoir élargir des obligations vaccinales déjà bien problématiques.

Faux report d’une émission vraiment confirmée

Le jeudi 13/08/15, en milieu de matinée, je recevais d’une journaliste d’Europe 1 un e-mail intitulé « URGENT invitation débat Europe 1 mardi 18 août / Pour ou contre la vaccination ? », me proposant de participer à un débat radiodiffusé sur les obligations vaccinales, avec le Prof. Gentilini comme interlocuteur (cf. PJ). En sus de mon horreur pour les déplacements et abstraction faite du temps de préparation que j’y consacre à chaque fois, les interventions publiques (conférence ou émission) contreviennent mon idéal de studiosité ; quoique, à ce titre, elles me coûtent énormément et que je ne les sollicite jamais, c’est une éthique politique que je me suis fixée d’accepter systématiquement les invitations (sauf motif grave), pour la raison simple et logique qu’on ne peut pas critiquer durement les médias tout en leur jouant le coup du mépris les rares fois où elles s’avisent de solliciter votre avis : il me paraît plus utile de faire en sorte que vos propos soient difficiles à récupérer, et que les imbéciles qui s’essaient à ce petit jeu s’y retrouvent vite ridiculisés, sévèrement dans la mesure du possible… La suite des événements va justement illustrer l’aberration des comportements où peuvent être conduits les médias lorsqu’ils ne se sentent aucune marge de manœuvre pour récupérer, justement.

Quoique très peu soucieux de venir à Paris en plein mois d’août, je me hâtai donc de répondre dès réception de cet e-mail. Instruit par l’expérience, je m’appliquai d’emblée à vérifier que :

  • c’était bien moi qu’on voulait, et non un homonyme ;
  • on était bien d’accord pour se concentrer sur les obligations, et non sur les vaccinations en général ;
  • le principe de l’émission était bel et bien arrêté, et l’équipe n’en était plus au stade de recherche d’éventuels intervenants sur un éventuel projet (phase exploratoire classique dans le genre à laquelle je n’ai aucune objection de principe, mais les retours de vacances faisaient que le jour prévu était inhabituellement chargé en consultations, de telle sorte que je n’avais nulle envie de les reporter sans raison contraignante).

À en croire mon interlocutrice, il y avait zéro problème. Tout baignait :

  • c’était bien à partir des articles parus sur mon site – et qu’elle avait lus – que le choix s’était porté sur mon humble personne ;
  • elle était, comme moi, convaincue que la classique guerre de religion entre pro- et anti-vaccins n’était pas susceptible de clarifier les enjeux de l’obligation ;
  • on n’attendait plus que mon accord et on pouvait, en conséquence, tout bloquer pour le mardi suivant : il ne restait plus qu’à se reparler le lundi matin pour préciser les derniers détails (taxi, heure d’arrivée…).

Instinct de vieux guerrier : quoique la position « politique » énoncée plus haut appelât naturellement que je participasse – à ma modeste échelle et comme d’habitude – à la médiatisation de cette rencontre, j’eus le scrupule de m’abstenir et d’attendre jusqu’au lundi pour l’annoncer à mes visiteurs.

Le lundi matin, à l’heure où j’attendais le coup de fil destiné à fixer les dernières modalités pratiques, je reçus un appel de la journaliste, manifestement assez pressée : pour des raisons non spécifiées, l’émission avait été « reportée de quelques jours ». Mon interlocutrice partant en vacances, j’allais être dûment recontacté par une de ses collègues, dont elle me fournissait même les coordonnées.

Vieil instinct, une fois encore : personnage préhistorique dépourvu de télé et n’écoutant quasiment jamais la radio (sauf, exceptionnellement, quand je suis en voiture [1]), je m’arrangeais néanmoins pour être en mesure de capter la station sur Internet le jour suivant, à l’heure de l’émission « annulée ».

Le jour dit, il apparut que la programmation de cette émission consacrée aux obligations n’avait jamais changé d’un iota. La seule modification significative portait sur l’interlocuteur du premier intervenant arrêté, Marc Gentilini.

Les limites d’Europe 1

La tendance naturelle des grands médias étant à l’exclusion des déviants, je fus surpris d’apprendre que le second intervenant finalement choisi était un antivaccinaliste parmi les plus primaires, tellement primaire qu’à ce que m’en avaient confié certains de ses coreligionnaires, il a même fini par en lasser un bon nombre : nul n’est prophète…

J’avais de toute façon quelques éléments d’appréciation personnelle sur l’individu. Voici une quinzaine d’années, avec l’appui d’une association [2], il avait réussi à se faire passer comme tellement incontournable que, dans le cadre de mes missions judiciaires, un juge (lui aussi très discriminatif…) m’avait formellement demandé de le recevoir. Quoique, au cours de cet entretien, mon pseudo-expert m’ait surtout parlé de Tchernobyl (encore fort à la mode en ce temps-là) et de ses affaires personnelles, j’appris par la suite que dans diverses affaires visant la vaccination contre l’hépatite B, il monnayait désormais ses services comme « expert privé » en arguant qu’il m’aurait servi de « sapiteur » [3]… Manœuvrer pour se faire recevoir (et vraiment à contrecœur) afin de crédibiliser que j’aurais eu besoin de lui, voilà qui me semble assez bien caractériser le personnage.

Or, il s’avère qu’à plusieurs reprises (l’enregistrement de l’émission est disponible sur le site d’Europe 1) l’animateur de l’émission va qualifier son invité « d’éminent professeur », avant de corriger devant les dénégations molles de l’intéressé : « grand chercheur »… Cependant :

  • comme il s’en vante lui-même, ou comme ses partisans lui en font gloire, il est interdit [4] d’exercice en France depuis au moins vingt ans [5] ;
  • lui-même admet n’avoir jamais été « professeur » ;
  • c’est, à ma connaissance (et après revérification), impossible de trouver dans la presse médico-scientifique le moindre article signé ou cosigné de lui ;
  • plus précisément en matière de vaccination contre l’hépatite B (que je crois très bien connaître), sa seule performance documentable semble avoir été la cosignature d’un « livre » avec feue Sylvie Simon, dont la seule formation connue fut celle de mannequin – milieu professionnel où, notoirement, on recrute sur le QI [6] [7] ;
  • comme le lecteur peut s’en rendre compte en la réécoutant sur le site, durant toute l’émission le « grand chercheur » spécialiste des vaccinations va faire la confusion entre « Merck » (le fabricant de vaccins) et Merckx (comme le cycliste : on a les références qu’on peut dans son domaine d’expertise…) ;
  • en tout état de cause, il existe sur Internet des vidéos de l’intéressé, de telle sorte que chacun peut se faire une idée quant à ses procédés rhétoriques et à la validité de son discours.

Restent donc deux questions, auxquelles le présent article vise à apporter des éléments de réponse :

  1. quelles sont les procédures de vérification/validation [8] rendant possible qu’un média comme Europe 1 présente comme « éminent professeur/scientifique » un médecin durablement interdit d’exercer dans notre pays et qui serait bien en peine de se prévaloir du moindre travail « scientifique » publié [9] [10] ?
  2. quel peut-être l’intérêt du mensonge pourtant grossier par lequel la station a pu se libérer de l’invitation qui m’était adressée, alors que toute personne tant soit peu au fait des médias sait que les annulations de dernière minute y sont monnaie courante et que je n’aurais eu aucun état d’âme si mon interlocuteur m’avait dit que le choix s’était finalement arrêté sur quelqu’un d’autre ? Il m’est arrivé, par exemple, d’accepter dans l’urgence le principe d’une participation sur un sujet qui n’était pas au cœur de ma compétence, en recommandant à mes interlocuteurs de ne pas craindre d’annuler leur invitation s’ils venaient à trouver plus compétent que moi…

Les limites de Gentilini

Sans avoir jamais eu l’occasion de le rencontrer, j’avoue que jusqu’au 18/08/15, j’avais un a priori favorable, quoique non fanatique, pour la personne de Marc Gentilini : pour sa compétence en infectiologie, ainsi que pour ce qu’on peut savoir de ses engagements professionnels et personnels. Mais nonobstant tout le respect qui lui est dû, qu’il me soit permis de dire que son intervention lors de l’émission a été plutôt lamentable.

  • Dûment interrogé d’entrée de jeu afin de savoir s’il était « pour le principe de la vaccination obligatoire », l’infectiologue a répondu qu’il était « pour le principe de la vaccination », c’est-à-dire en détournant d’emblée le débat vers le contresens contre lequel j’avais mis en garde mon interlocutrice d’Europe 1. À aucun moment, ensuite, Gentilini n’a fait le moindre effort pour entrer dans le sujet de l’émission (les obligations vaccinales), restant systématiquement au même niveau que son interlocuteur pour estimer que « la question fondamentale » n’était PAS celle des obligations vaccinales, mais de savoir si l’on était « pour ou contre les vaccins » – c’est-à-dire qu’il faudrait choisir son camp dans une guerre de religion, quand j’ai la prétention d’avoir offert au débat public des arguments convaincants pour en sortir.
  • En évoquant, également d’emblée, la question de la mortalité mondiale liée aux pathologies infectieuses (et en y insistant, ensuite), Gentilini a également validé « la rhétorique de globalisation » [11] qui fonde pourtant la propagande éminemment mensongère des fabricants : pour s’en tenir à cet exemple classique quoique obstinément méconnu par les autorités, la rougeole est notoirement un problème grave de santé publique dans des pays avec de nombreux enfants dénutris et en très mauvais état général, ce qui n’est évidemment pas la situation sanitaire de base dans notre pays [12].
  • S’il n’avait pas forcément tort en affirmant textuellement que son interlocuteur était un « minable », il est évident que ce type d’argumentation [13] n’a aucune place dans un débat radiodiffusé : quand on a un « minable » en face de soi, on commence par le réfuter sans concession (ce qui est facile [14] s’il est effectivement minable), de telle sorte que, sans même qu’il soit besoin de le proférer, le qualificatif aille ensuite de soi pour tout auditeur de bonne foi.
  • Les arguments de Gentilini ont été au moins aussi « minables » que ceux de son interlocuteur [15].
    • On peine à admettre qu’aux yeux d’un de nos plus éminents infectiologues, ce soit un argument significatif que Marisol Touraine – dépourvue de la moindre compétence médico-scientifique [16] et évidemment empêtrée dans les conflits d’intérêts inhérents à sa carrière et à ses responsabilités – soit « résolument POUR les vaccinations ».
    • Surtout dans le contexte d’une défiance croissante dont il est difficile de prétendre qu’elle serait sans fondement [17], il est ahurissant d’entendre une telle autorité clamer comme un préalable « Il FAUT vacciner » tout en admettant, mais ensuite, « et à partir de ce moment-là on doit poser la question : contre quelles maladies ? » : difficile de poser le vrai problème plus à l’envers…
    • quant à la référence, présentée comme irréfutable, des communiqués de l’Académie de médecine (dont il a été président), qu’il me soit permis de rappeler que dans ce qui reste aujourd’hui le travail le plus « approfondi » – hi ! hi ! – consacré par cette éminente assemblée à la vaccination contre l’hépatite B [18], il est répondu comme suit à la question [19] évidemment centrale des « essais de tolérance » supposés garantir la sécurité des vaccins :

      « Je fais entière confiance aux laboratoires producteurs du vaccin pour avoir effectué tous les essais de tolérance requis » (c’est moi qui souligne)


      Tant que les plus éminents spécialistes s’en tiendront à des références aussi frénétiquement débiles pour garantir la sécurité de tel ou tel vaccin, il faudra encore beaucoup de missions parlementaires pour « améliorer le taux d’adhésion des Français et des professionnels de santé à la vaccination » [20]…

    • Autre référence plus que douteuse chez un spécialiste de ce niveau : "les campagnes très efficaces de Bill Gates". Ce qu’on peut le plus facilement reprocher à Gates, c’est justement une désinvolture par rapport à l’évaluation de ses initiatives - désinvolture d’ailleurs étonnante chez un ancien Grand-Maître de l’informatique... Références non moins douteuses dans l’idée que "sans l’industrie pharmaceutique, il n’y aurait pas de recherche" sur le SIDA entre autres : Gentilini serait bien inspiré de se reporter aux sources détaillant la façon dont Big Pharma pille les découvertes des institutions universitaires ou étatiques - sur le SIDA entre autres [21]... Qui dira jamais le mal infini causé par ces "éminents professeurs" qui mettent leur notoriété (éventuellement méritée) au service d’une propagande fallacieuse.
    • Enfin, on s’étonne là encore – je veux dire : on s’effare – d’entendre une telle autorité morale et médicale rétrograder aux supposés « excès du principe de précaution » [22] les raisons pourtant excellentes que l’on peut opposer au principe des obligations vaccinales.

Essai d’interprétation

Personne ne pouvant sérieusement me contester mon exigence de référencement (parfois critiquée comme excessive : ça demande tellement d’efforts chez le lecteur !...), on admettra qu’il m’apparaisse délicat d’aborder un problème que, depuis longtemps, je perçois comme gravissime, quoiqu’il soit difficile d’en objectiver toutes les composantes : je ne suis pas policier, et j’ai pas mal d’arguments – notamment tirés de l’expérience – pour ne pas m’en remettre aux instances judiciaires normalement chargées du job…

L’importance de l’enjeu justifiera l’audace des lignes qui suivent.

La sincérité de l’équipe journalistique

Le lecteur est invité à se reporter à l’enregistrement de l’émission pour évaluer mon constat de base, à savoir que la complaisance manifeste du journaliste à célébrer la présence de deux « éminents » médecins/ professeurs/ chercheurs a toutes les vibrations de la sincérité. De même que me paraissent sonner sincèrement ses remontrances (justifiées) à l’endroit de Gentilini accusé de ne pas respecter les règles de courtoisie supposées présider à un débat radiodiffusé.

Dès lors que la sincérité de l’interviewer et de l’équipe derrière se voit ainsi actée, deux questions demeurent :

  1. À quelles procédures de vérification renvoie une démonstration d’incompétence journalistique consistant à promouvoir comme « éminent » l’interlocuteur de Gentilini ?
  2. Quelle place, dans cette sincérité à mon avis évidente, pour la grossièreté du mensonge qui leur a permis de revenir sur l’invitation initiale : une fois encore, pourquoi baratiner – et d’une façon aussi maladroite – quand il eût été si simple de me dire « finalement, on n’a pas besoin de vous » ?

La réponse à la première question va de soi, et se trouve copieusement illustrée sur mon site : sauf exception dont on attend encore l’illustration, il n’y a rien de plus léger et de moins fiable qu’un journaliste. Que ce soit avec Médiator ou d’autres affaires plus récentes, je n’ai cessé de ridiculiser l’incroyable naïveté avec laquelle les médias (et les Parlementaires…) promeuvent des « lanceurs d’alerte » qui n’ont jamais lancé autre chose que de la poudre aux yeux ou des « bêtes noires » de Big Pharma sponsorisées par Persil…

À la seconde question, je ne vois qu’une réponse : la balourdise gênée de mes interlocuteurs tient au fait que le changement de plateau de dernière minute leur a été imposé – et qu’ils ne savent pas gérer proprement la situation qui en résulte. D’où une double question : 1/ QUI leur a imposé ce changement ? 2/ dans quel but ?

  1. Venant d’un individu naturellement peu complotiste, mes réticences spontanées à annoncer trop à l’avance cette intervention radiodiffusée disent assez l’intuition tirée de l’expérience que malgré le dédain médiatique et officiel dont je fais l’objet depuis plusieurs années [23], il existe des instances – par forcément intelligentes, mais indubitablement puissantes – pour travailler à mon discrédit. En l’espèce, il me paraît évident qu’elles passaient largement au-dessus de l’équipe qui m’avait invité, laquelle n’a eu qu’à obtempérer.
  2. Le but va de soi : décrédibiliser coûte que coûte l’opposition aux obligations vaccinales, en limitant à des « minables » le recrutement des opposants invités à s’exprimer dans l’espace public pour entretenir l’illusion du débat "démocratique" [24]... En l’espèce, l’opération a été raisonnablement réussie, à ceci près que, de façon probablement imprévue, le défenseur desdites obligations a été au moins aussi « minable » que son contradicteur. Mais qu’importe aux instances qui tirent les ficelles ? L’essentiel était que les vrais problèmes ne soient pas posés, et il est patent que ni Gentilini, ni son contradicteur n’en ont évoqué le moindre [25].

La position académique

Quel que soit le déséquilibre objectif et patent entre les compétences de Gentilini et celles de son contradicteur, la regrettable propension du premier à vouloir couper le second coûte que coûte n’est pas un indicateur très rassurant : elle illustre l’état sidérant de panique intellectuelle où se trouvent acculés même des gens aussi éminents – et civilisés – que Gentilini dès qu’il s’agit de considérer avec un minimum d’esprit critique la politique vaccinale d’autorités notoirement à la solde des pires lobbies (que ce soit en médecine ou ailleurs).

On est bien dans la religion – et de la pire espèce : celle de l’intolérance et du fanatisme…

D’un point de vue plus épistémologique, cette émission radiodiffusée illustre aussi un point central à propos duquel je n’ai jamais cessé de mettre le public en garde : à savoir que la question des vaccinations – qui en appelle à l’épidémiologie et aux statistiques bien davantage qu’à la clinique – ne relève pas de la compétence des infectiologues si éminents soient-ils par ailleurs. C’est une chose, chez un sujet donné, de savoir poser un diagnostic et de contrecarrer les complications d’une maladie infectieuse, c’en est une autre que de maîtriser les concepts qui permettent d’évaluer, à l’échelle d’une population, le rapport bénéfice/risque d’une stratégie préventive : qui se souvient, lors de ma première apparition à C dans l’air (ce devait être en 2004), de la décomposition de Bricaire (le successeur de Gentilini à la Pitié) lorsque je lui ai demandé de bien vouloir commenter la « puissance statistique » des pseudo-études mises en place par l’administration sanitaire française [26] sur le risque neurologique de la vaccination contre l’hépatite B ? Il n’en avait, à l’évidence, pas la moindre idée – alors que ce paramètre crucial est pourtant le premier à prendre en compte pour interpréter de telles études… Pour le dire en une formule simple : si j’avais à contracter une maladie infectieuse grave, je m’abandonnerais en toute confiance à Gentilini, mais il ne me traverserait pas l’idée de lui demander le moindre conseil sur la vaccination de mes petits-enfants…

Conclusion

On a oublié que lors de la campagne vaccinale contre l’hépatite B, dont les motivations grossièrement mercantiles sautaient déjà aux yeux [27], les laquais au service de l’État avaient spontanément envisagé d’abandonner aux fabricants le pouvoir de contrainte dont ils avaient la responsabilité : ils en avaient été finalement dissuadés par ces derniers au motif parfaitement bien vu qu’une obligation vaccinale allait susciter la résistance et faire chuter les ventes [28] !!

Tout à fait prévisibles quoique dûment imprévus par nos « experts » – incluant les idoles du REVAHB –, les graves problèmes de tolérance posés par cette campagne ont infléchi la stratégie : la main dans la main, agences sanitaires (OMS en tête) et lobbies pharmaceutiques se sont imaginé qu’il suffirait de s’appuyer sur la bêtise crasse des médias et sur l’incompétence vorace des professionnels de santé pour générer un climat de panique autorisant tous les excès promotionnels. Ça a failli marcher avec le H1N1 et, sans mégalomanie aucune, j’ai quelques raisons pour penser que l’excès d’attention que m’accordent certaines officines argentées quoique risiblement incompétentes n’est pas sans rapport avec ce précédent.

Depuis lors et nonobstant les manœuvres de diversion menées sous la houlette niaise ou perverse des Frachon, Bapt et autres « lanceurs d’alerte » éventuellement auto-proclamés, je le dis depuis des années : il est en train de se préparer quelque chose de terrible avec les vaccinations, sachant qu’en pareille espèce, le minimum de recul nécessaire pour comprendre ce qui se passe est incompatible avec les exigences de « l’actualité » – partant, celles de la notoriété médiatique.

[1] Je vis dans un coin où le relief interdit quasiment toute réception radio.

[2] On connaît la discrimination des associations relativement aux experts-qui-comptent.

[3] C’est-à-dire que j’aurais sollicité sa collaboration sur des questions dont la compétence m’échappait.

[4] Les versions varient : certaines parlent d’une interdiction, d’autres d’un refus d’inscription. J’avoue n’avoir aucune disponibilité pour vérifier la crédibilité des propos d’un type que j’ai rencontré une seule fois dans ma vie après qu’il eut fait des pieds et des mains pour ça, et qui s’en autorise après pour accréditer que j’ai eu besoin de lui… Comme je dis toujours : pas besoin d’avaler un œuf jusqu’au bout pour s’apercevoir qu’il est pourri.

[5] Or, n’en déplaise aux excités du milieu toujours prompts à dénoncer le complot dès qu’ils prennent une prune sur l’autoroute ou qu’ils font l’objet d’un redressement fiscal, les décisions de l’Ordre sont soumises au contrôle de la justice administrative et il est rare que des sanctions aussi durables relèvent d’une simple antipathie…

[6] Quitte à tomber sur des futures « icônes de la gauche »…

[7] Cette géniale idée de s’associer à un mannequin pour promouvoir « la Science » semble avoir été, depuis, reprise par Michel Cymes, autre éminent médecin devant l’Éternel : on a les collaborations « scientifiques » qu’on mérite…

[8] Également captées lors de l’émission, deux autres perles autorisent, une fois encore, à s’interroger sur le sérieux des journalistes. D’une part, lorsque l’interviewer rembarre sans aménité l’auditrice qui soulève la question des adjuvants en lui demandant ironiquement "Vous êtes médecin ? Vous avez l’air de parler en expert" : c’est un singulier raccourci d’établir une continuité aussi naturelle entre exercice de la médecine et expertise, sachant qu’il s’en faut de beaucoup que tous les médecins prenant position, même publiquement, sur telle ou telle vaccination disposent de la moindre expertise décelable en pareille matière (l’émission suffisant largement au titre de contre-exemple : cf ci-dessous). D’autre part, lorsque le même interviewer demande à l’interlocuteur de Gentilini s’il lui arrive de prendre des médicaments, on n’ose imaginer le fantasme qui conduit à établir une continuité entre la prise d’un médicament donné et la promotion indistincte "des" vaccins, a fortiori les obligations vaccinales : faut-il comprendre que si vous acceptez de recevoir une anesthésie avant une extraction dentaire, vous devenez par le fait même solidaire d’une politique vaccinale dont les déterminismes bassement mercantiles sautent aux yeux du moins informé (pour autant qu’il ne soit pas journaliste, en tout cas) ?

[9] Je n’ignore certainement pas que ces critères ne sont pas absolus. Mais outre que leur combinaison permet quand même de ratisser assez large du moins en matière d’exclusion (qu’est-ce qu’un "expert" qui ne bosse pas ET qui ne publie pas ?), je n’ai pas la notion que les génies méconnus, voire martyrisés, soient aussi chaleureusement promus comme « éminents » par les grands médias…

[10] La question des procédures journalistiques de vérification/validation s’actualise une nouvelle fois, quelques jours après la mise en ligne du présent article, avec cette affaire des deux "journalistes" mis en examen pour tentative de chantage sur la personne du roi du Maroc (Le Parisien, 29/08/15). Même en faisant abstraction des éléments pourtant accablants d’ores et déjà à la disposition du public (notamment l’incohérence des intéressés qui ne parviennent même pas à s’accorder sur une version commune), on reste frappé, à la lecture de la presse, par l’absence de toute méthodologie d’enquête et d’évaluation concernant ces deux-là. Ainsi, d’innombrables journaux et (non des moindres) ont relayé sans critique le propos de leur avocat qualifiant de "traquenard" (donc : forcément suspect) le procédé ayant consisté à enregistrer leurs propositions sidérantes alors qu’en pareille situation, qui ne jugerait comme parfaitement justifié que la partie soumise au chantage s’efforce de piéger celle qui fait chanter ? Ainsi, encore, de la double question qui ne sera jamais posée (alors qu’elle sous-tend l’impression inhérente à ce mélange assez monstrueux d’incompétence et de suffisance qu’offrent régulièrement tant de journalistes) : i) s’il est exact que vous vous êtes fait piéger aussi grossièrement que vous le soutenez maintenant, que penser de votre crédibilité journalistique ? ii) si votre crédibilité journaliste est à ce point problématique, qu’est-ce qui vous conduit à penser que votre silence vaudrait 3 millions d’euros ? C’est un autre indicateur assez typique de crédibilité que, nonobstant tous ces ratés, les intéressés ne voient aucune raison de se remettre en cause : "je n’ai pas de leçon de déontologie à recevoir" (La Tribune de Genève, 31/08/15). Quant à l’autre, elle n’y "voit rien de mal pénalement" (Le Monde, 31/08/15) : quitte à s’auto-confirmer dans l’omnipotence... J’avais déjà relevé cette impressionnante allergie à l’autocritique lors d’une autre bévue de presse, assez gratinée elle aussi : le prétendu décès de Martin Bouygues...
La triste réalité semble être que par rapport à l’actualité de pays arabes où il devient de plus en plus périlleux d’enquêter, la presse dans son ensemble peine à disqualifier catégoriquement deux individus qui prétendent "s’y connaître", quels que soient les doutes plus que sérieux qu’on peut entretenir quant à la fiabibilité de leurs enquêtes : des fois qu’en période de creux, on n’ait rien de mieux à se mettre sous la dent pour collecter des "informations" sur les pays en question... Signe particulier : on ne sache pas que les ouvrages d’ores et déjà publiés par les intéressés aient jamais remis en cause quoi que ce soit de fondamental, bien que ces derniers osent prédire aujourd’hui que le prochain sera "apocalyptique" (L’Express, 31/08/15) - avant même d’avoir appris que leur éditeur avait laissé tomber (Le Monde, 31/08/15). Ce qui, évidemment, n’est pas sans rappeler quelque chose relativement aux "lanceurs d’alerte" ou aux "minables" qui se consacrent aux produits pharmaceutiques... On relèvera qu’en l’espace de deux jours (depuis le 29/08/15), la présente note n’a cessé de se dilater, chaque intervention des "journalistes" ainsi mis en cause fournissant une nouvelle occasion de ricaner quant à leur crédibilité : il en faudrait clairement plus aux médias pour décider de les ignorer.
On en déduit que malgré les apparences, les médias ont des stratégies très sûres de sélection au service du système : une répulsion invincible contre la mise hors-jeu des bouffons qui ont pourtant donné toutes les preuves de leur légèreté, et un quasi don de double vue pour exclure impitoyablement ceux dont la crédibilité est plus difficile à miner, mais qui seraient eux, susceptibles de poser les questions qui gênent. L’émission dont on parle ici en est un bon exemple. Comme est un autre bon exemple cet autre débat télévisé où, pourtant pressenti naturellement par l’équipe, j’avais répondu (lors de nos entretiens préalables à l’émission) "il faut aussi chercher à qui ça profite" à la question d’une des journalistes concernant les circonstances pouvant expliquer la promotion d’une nouvelle vaccination. Littéralement tétanisée, celle-ci m’avait demandé en retour si j’étais "antivaccinaliste", et je n’ai plus jamais entendu parler ni d’elle, ni de l’émission - les contradicteurs finalement retenus ayant été D. Dupagne et M. Rivasi...

[11] M. Girard. Alertes grippales – Comprendre et choisir, Dangles, 2009 : 24-25.

[12] Il faut également une préoccupante inconséquence pour se lancer dans la lamentation convenue concernant les Africains à qui l’on offre nos surplus d’anti-H1N1 alors qu’ils meurent du paludisme par millions. Car si Gentilini avait bien voulu rester dans le sujet de l’émission (au lieu de partir à des milliers de kilomètres), cette question de l’allocation de ressources eût effectivement été centrale pour discuter des obligations vaccinales. N’y a-t-il pas plus pressant, pour notre solidarité nationale déjà tellement mal en point, que de rembourser des vaccins multivalents extrêmement onéreux pour satisfaire des obligations concernant des spécialités extrêmement bon marché mais dont l’indisponibilité est cyniquement organisée par nos autorités ? Et que penser du coût additionnel des obligations nouvelles dont les décrets sont déjà dans les cartons du Ministère ?...

[13] C’est typiquement la rhétorique de Philippe Even, grâce à laquelle il peut asséner à peu près n’importe quoi une fois son interlocuteur décrédibilisé.

[14] Gentilini a soutenu au contraire que c’était « très difficile », affichant une perplexité assez étonnante chez un éminent professeur dont on pourrait imaginer qu’il est rodé à la réfutation des cancres.

[15] Je suis quasi certain que toute personne écoutant l’émission sans information sur l’identité des deux interlocuteurs conclurait au match nul, voire à un avantage du « minable ».

[16] La Toile s’est récemment fait l’écho d’une émission que je n’ai pas suivie, mais où il serait apparu que la Ministre n’avait même pas une connaissance sûre quant aux vaccins effectivement obligatoires actuellement…

[17] Cf. pour s’en convaincre la déposition (05/05/10) du même Gentilini devant la Commission sénatoriale d’enquête sur la grippe A.

[18] Aron E. « À propos de la vaccination contre l’hépatite B. Plaidoyer pour un principe de protection ». Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine. 2002 ;186(2).

[19] À laquelle j’ai consacré l’essentiel de mes jours et de mes nuits durant des années…

[20] Et pour admettre le conseil de Gentilini que le public ferait mieux de s’en remettre à des analyses académiques aussi débiles « plutôt que de se confier à des associations ».

[21] M. Angell. The truth about drug companies, Random House 2005 : 24-27.

[22] Girard M. Santé, thérapeutique et principe de précaution. Experts. 2001(52):19-26.

[23] Sans raison objective, car qui peut dire que sur les sujets sur lesquels j’ai publiquement pris position, la suite des événements m’ait finalement donné tort ?

[24] Il va de soi que si mon invitation avait été maintenue et conformément au plan que j’avais immédiatement exposé à la journaliste qui m’avait invité, j’aurais d’emblée indiqué la direction exactement inverse de celle adoptée par Gentilini, à savoir poser qu’on n’était pas là pour parler "des" vaccinations (encore moins de la mortalité dans le Tiers-monde), mais des obligations vaccinales. Et comme personne ne me contestera d’avoir un minimum de suite dans les idées, on peut supposer qu’une telle rectification eût très significativement influé sur le cours de l’émission.

[25] J’ai plusieurs expériences antérieures d’avoir été, comme ça, remplacé d’office, notamment par Michèle Rivasi à au moins deux reprises : indicateur intéressant du discours que privilégient ceux qui tirent les ficelles...

[26] Sous la responsabilité – tiens donc ? – de l’idole du REVAHB

[27] « L’habile stratégie d’un labo. » Sciences et Avenir, jan 1997 : 27. D Carnall. Shire Hall. Communication and the case for hepatitis B immunization. BMJ 1996 ; 313 : 825.

[28] Les modifications de l’article L. 10 du Code de la santé publique, en janvier 1991 (rendant cette vaccination obligatoire dans certaines professions) ayant quand même représenté une solution intermédiaire au dilemme des marchands et de leurs complices gouvernementaux. La criminalité pharmaceutique est une science expérimentale, basée sur "la méthode des essais et des erreurs"...


Documents joints

Invitation d’Europe 1

22 août 2015
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