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Marisol Touraine annonce un "débat national" sur les vaccinations

mercredi 5 août 2015 par Marc Girard

RÉSUMÉ – Le ministre de la santé ayant cru bon d’expliciter, avec une touchante ingénuité, ses arrière-pensées quant au « débat national » qu’elle prétend lancer à propos des vaccinations, on s’attache ici à commenter l’interview la plus détaillée qu’elle ait donnée à propos de ce grand projet. Pas à pas, on y pointe l’incompétence, la mauvaise foi, la dissimulation, les techniques les plus primaires de la propagande, la soumission, enfin, des plus hautes autorités de l’État aux désidératas des escrocs qui se sont emparés du monde naguère prestigieux de la recherche pharmaceutique.

Marisol Touraine a attendu la canicule pour annoncer un « débat national » sur les vaccinations [1]. Madame le Ministre a même daigné expliciter ses « sombres pensées » sur le sujet au Parisien du même jour. En sus du lien internet, copie de cette interview transcendante est donnée en PJ.

Le présent article analyse cette interview selon la technique banale de « l’explication de texte » que maîtrisait tout écolier à l’époque, pas si lointaine, où les ministres de l’Éducation Nationale savaient écrire et compter – et qu’ils avaient un minimum de distance critique à l’endroit des "Pédagogues" acharnés à promouvoir la "fabrique du crétin" sous le couvert de l’École laïque et républicaine.

MT – (…) la vaccination est fondamentale ! (…) c’est grâce à elle que l’on a pu faire disparaître la polio par exemple (…).

À supposer que la vaccination contre la polio ait influé sur la régression de cette maladie (ce qui est effectivement probable sur la base des données disponibles), on attend d’une ancienne élève de Normal Sup, agrégée de l’Université, qu’elle en tire la seule conséquence logiquement fondée : la vaccination contre la polio a été "fondamentale" pour lutter contre la polio [2].

En matière « d’exemples », il en existe inversement un certain nombre suggérant qu’une vaccination ait pu être néfaste : ainsi, pourquoi, sur la décennie contemporaine de la campagne vaccinale contre l’hépatite B, le nombre de scléroses en plaques dans notre pays a-t-il peu ou prou quadruplé si l’on en croit les décomptes officiels [3] ?...

MT – À l’inverse, lorsque [la vaccination] recule, certaines maladies reviennent. On l’a mesuré ce printemps encore, face à l’épidémie de rougeole qui s’est déclarée dans quatre écoles en Alsace (…).

Dans les pays développés, la rougeole était considérée par les plus hautes instances de la pédiatrie comme une maladie maîtrisée dès les années 1970 (donc avant la vaccination généralisée). Selon les prévisions de ceux qui réfléchissaient un peu, la vaccination massive contre la rougeole a provoqué une modification dramatique de l’écologie de la maladie, et c’est bien elle le suspect n° 1 dans cette résurgence.

D’autre part, « l’épidémie » alsacienne évoquée par le Ministre s’est soldée par environ 200 cas de rougeole, maladie fondamentalement bénigne depuis longtemps dans notre pays [4] : où a été le problème ? [5].

Enfin, l’Institut de veille sanitaire a publié des courbes montrant une spectaculaire poussée de rougeole en 2011 :

  • si c’est une question de couverture vaccinale, qui peut croire que celle-ci s’est spectaculairement modifiée à ce moment précis ?
  • si le nombre de cas dépend d’autres paramètres, est-il honnête d’incriminer la baisse de couverture vaccinale à l’origine de telles poussées rougeoleuses ?

MT – (…) l’épisode de la grippe A (H1N1) de 2009, (…) a incontestablement marqué un tournant.

Quel tournant ?

  • Celui où les plus hautes autorités de l’État, ministre de la santé en tête, ont cessé de proclamer n’importe quoi ?
  • Celui où, ces mêmes autorités se sont engagées à ne plus mettre la force publique au service des lobbies – par exemple en abandonnant l’idée pernicieuse d’obligations vaccinales, a fortiori celle d’une réquisition ?
  • Celui où les « experts » pourris jusqu’à l’os par leurs conflits d’intérêts (dissimulés au mépris de la loi) ont commencé d’être sanctionnés de façon tant soit peu dissuasive ?
  • Celui où les autorités sanitaires ont renoncé aux procédures d’enregistrement accéléré (fast track), par lesquelles des vaccins tels que Pandemrix (ou Gardasil) ont pu pénétrer sur le marché sans avoir été correctement évalués ?
  • Celui où l’indemnisation des accidents inhérents à toute cette gabegie n’a plus été mise à la charge de la solidarité collective [6], via l’ONIAM ?
  • Celui où la justice française se serait décidée à comprendre que ceux qui méritent d’être punis, ce ne sont pas les avocats qui font honnêtement leur travail ou les experts ayant donné toutes les preuves de leur dévotion au Bien Public ?

MT – Si l’idée qu’un médicament puisse provoquer des effets secondaires peut paraître acceptable face à un mal à soigner, que le risque zéro n’existe pas pour un vaccin semble insupportable.

Si ce n’était la gravité des enjeux derrière tout ça, ce serait assez désopilant d’entendre une « agrégée de sciences économiques et sociales » incapable de poser le problème des effets secondaires en termes de rapport bénéfice/risque et tout aussi incapable d’introduire la question du coût pour la collectivité, notamment en termes d’allocation de ressources.

Cette interview, datée du 01/08/2015, est contemporaine d’une autre interview de la même à la revue Marie Claire où l’intéressée se plaint d’avoir trouvé son père (éminent sociologue) « trop exigeant, avec une attente trop forte » (p. 92) : elle s’est bien vengée, la petite chipie…

MT – Un vaccin ne guérit pas : il vise à empêcher la survenue d’une maladie, dont les conséquences, graves, paraissent lointaines et que certains perdent de vue quand ils évaluent son bénéfice.

Il y en a aussi « certains » – des ministres de la santé, par exemple – qui perdent de vue que la capacité d’un vaccin à « empêcher la survenue d’une maladie » :

  • appelle une démonstration rigoureuse, étape essentielle malheureusement contournée par la procédure du fast track (enregistrement accéléré) qui a permis la mise sur le marché de vaccins tels que ceux contre le H1N1 (supposés marquer « un tournant ») et contre le cancer du col de l’utérus ;
  • est d’autant plus difficile, techniquement, que ces complications sont « lointaines ».

MT – Prenez la grippe. (…) Elle peut tuer, et le vaccin permet réellement de sauver des vies.

Le vaccin peut tuer aussi. Empêcher sans raison majeure quelqu’un de faire des infections a priori banales peut également handicaper sa vie. En tout état de cause et sur cette question de la grippe, on se référera aux évaluations régulièrement impitoyables de la Collaboration Cochrane [7] de préférence à celles d’une « agrégée de sciences économiques et sociales » qui ne sait même pas ce qu’est un rapport bénéfice/coût [8].

MT – En décidant de ne pas vacciner son enfant, on fait non seulement courir un risque à ce dernier, mais à son entourage, à l’ensemble de la population.

Selon les aveux involontaires et tragiquement cyniques des drones anonymes au service des fabricants, on reconstitue au contraire que c’est parce que les personnes effectivement à risque de contracter une hépatite B se tiennent prudemment à l’écart de cette vaccination plus que problématique que l’on veut contraindre les gens à y exposer tous leurs enfants, lesquels n’ont, eux, aucun « risque » sérieux d’être contaminés.

MT – J’ai déjà pris une série de mesures en faveur de la vaccination dans le projet de loi de modernisation du système de santé (c’est moi qui souligne).

N’est-ce pas le même projet de loi qui prévoyait l’arme fatale pour contrôler les conflits d’intérêts dans l’administration sanitaire ? Il doit y avoir des « mesures » plus effectives que d’autres…

MT – Nous avons confié à la députée Sandrine Hurel la mission d’identifier tous les blocages et de soumettre des préconisations.

Merci pour l’aveu qui confirme sans ambiguïté ce que l’on savait déjà : à savoir qu’il est demandé à la députée de « faire des propositions concrètes pour améliorer le taux d’adhésion des Français (…) à la vaccination » (c’est moi qui souligne).

Ceux qui avaient naïvement cru que la mission de Madame Hurel consistait à mettre à plat l’intégralité des problèmes posés par l’inquiétante politique du tout vaccinal savent désormais à quoi s’en tenir : il ne s’agit certainement PAS de marquer un « tournant » consistant à reconnaître, sur la base de scandales tels que le H1N1 (cf. plus haut), à quel point les réticences des Français sont fondées. Il s’agit, encore moins, de les encourager à résister à la propagande mensongère des lobbies.

Ces missions d’enquête parlementaire dont les conclusions sont fixées d’avance ne sont pas sans rappeler les fameuses études financées par GSK et qui étaient d’emblée destinées à faire de l’hépatite B le problème de santé publique qu’elle n’était pas… Dis-moi qui sont tes modèles…

MT – Ne rien cacher est la meilleure manière de combattre ceux qui jouent sur des peurs scientifiquement infondées.

Certes, mais on fait quoi, alors :

  • des peurs « scientifiquement fondées » sur le travail de la Collaboration Cochrane, par exemple ;
  • des conflits d’intérêts qui restent obstinément "cachés", à commencer par ceux concernant les liens entre Madame Touraine et GSK [9] ?

Et on fait quoi, encore, avec les falsifications les plus patentes de notre administration sanitaire, en pharmacovigilance notamment ?

MT – Pour ce travail, je souhaite avancer avec les médecins : (…) ils sont massivement favorables à la vaccination

Que les médecins soient « massivement » favorables à la vaccination, ça, on avait cru remarquer – notamment lors du « tournant » de la grippe A (H1N1). Sûr que cette confiance du Ministre dans les larbins de Big Pharma va contribuer à réconcilier les gens avec « la » vaccination.

MT – [Si les médecins] sont massivement favorables à la vaccination, et ils en sont des acteurs essentiels, ils ont eux-mêmes besoin d’être informés, formés, accompagnés.

Merci, Marisol, de reconnaître aussi ingénument que les promoteurs les plus ardents de « la vaccination » manquent tout simplement d’information et de formation [10] et que, déjà incapables de poser un diagnostic de rougeole, ils sont en revanche incollables sur des complications abominables que personne ou presque n’a jamais vues. Heureusement qu’en sus, on peut compter sur la visite médicale pour « accompagner » les prescripteurs…

MT – Le doute est beaucoup plus élevé en France que dans la plupart des pays européens.

Y a des sources ? En Pologne, par exemple ?

MT – C’est pourquoi je souhaite un débat. Je ne vais pas le fermer avant de l’avoir ouvert !

Qui prétendait, avant d’avoir « ouvert » ce débat, que la vaccination, « ça ne se discute pas » ?

Un débat sur un sujet « qui ne se discute pas », cela rappelle un peu l’exigence démocratique façon Ferme des animaux… Ou encore, mais en moins talentueux, « la démocratie sanitaire » façon Kouchner

Console-toi, Marisol. Après ce dernier exploit, ton Papa aura sûrement une attente moins « forte » te concernant…

Sauf à penser que cette icaune de « la Gôche » [11]…

[1] Le Figaro, 01/08/15.

[2] Abstraction faite, soit dit en passant, des nombreuses flambées par lesquelles se sont soldées les grandes campagnes utilisant le vaccin par voie orale (A. Baicus, World J Virol 2012 ; 1(4) : 108-114) : avatars peu compatibles avec les exigences d’une propagande pour débiles mentaux.

[3] « Livre Blanc de la sclérose en plaques », 2008.

[4] Du moins quand elle survient chez le jeune enfant...

[5] Sans doute parce qu’il nous avait prescrit à cette occasion un médicament franchement dégueulitif (c’était l’époque, hélas révolue, où l’on s’attachait à ce que les gamins ne tirent aucun bénéfice secondaire de leurs maladies…), j’ai gardé un souvenir visuel précis du médecin débarquant à la maison lorsque, avec ma sœur aînée, j’ai fait une rougeole vers l’âge de 4-5 ans : il n’avait vraiment pas l’air d’être confronté à une urgence de santé publique… Or, les médecins de cette époque savaient s’affoler à bon escient, par exemple quand la même sœur avait fait une méningite à méningocoques quelques années auparavant (j’étais certes trop jeune, cette fois, pour en garder un souvenir, mais la mémoire familiale a fonctionné)… On en reconstitue trois différences majeures avec la médecine contemporaine : i) les médecins savaient poser un diagnostic – que ce soit de rougeole ou de méningite ; ii) ils savaient hiérarchiser les gravités ; iii) ils ne dissimulaient pas leur ignorance en envoyant les gens aux urgences pour un oui pour un non… Et l’on reconstitue du même coup à qui profite cette ignorance des médecins actuels, dans une dynamique où les autorités sanitaires médiatisent le nombre d’hospitalisations comme un indicateur de gravité, au lieu d’y reconnaître celui d’une incompétence professionnelle dans laquelle leur responsabilité est gravement engagée.

[6] En période de crise de l’État-providence et d’indécente prospérité des lobbies responsables.

[7] Doshi P. Influenza : marketing vaccine by marketing disease. BMJ. 2013 ;346:f3037.

[8] Que ce coût soit iatrogène ou économique.

[9] Le Canard Enchaîné, 08/08/12.

[10] M. Girard. Médicaments dangereux : à qui la faute ?. Dangles, 2011 : chap. 1.

[11] Au même titre que Carla Bruni, elle aussi « idole de la presse de gauche ». Comme disait le regretté Reiser : « on vit une époque formidable »…


Documents joints

Interview de M. Touraine

5 août 2015
Document : PDF
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