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Pét…itionner plus haut que son cul : le cas H. Joyeux

À propos d’une récente pétition sur les vaccins obligatoires
samedi 6 juin 2015 par Marc Girard

RÉSUMÉ - Diffusée à partir de la seconde partie de mai 2015, la pétition d’Henri Joyeux consacrée au vaccin DTP part d’un fait exact (l’indisponibilité des seuls vaccins obligatoires), mais elle est tellement inepte dans sa forme comme dans son contenu qu’elle réussit le tour de force de dissimuler ce scandale derrière un concert de protestations pas forcément injustifiées, incluant même celles des anti-vaccinalistes... On commence donc par analyser la préoccupante indigence (incohérences, assertions idiotes...) de cette pétition. On montre ensuite que le discours des contradicteurs "officiels" ne vaut pas mieux. On s’interroge ensuite sur les circonstances qui ont pu conduire à un tel tapage autour d’un débat opposant l’insignifiance à la médiocrité, en repérant notamment les ingrédients qui conditionnent la mobilisation des médias et du public. On conclut que, comme avec l’affaire Médiator (quoique en plus petit), cette gesticulation, loin de remettre en cause quoi que ce soit de fondamental, contribue plutôt à renforcer le système qu’elle prétend dénoncer.

Table des matières

  1. Avant-propos : nécessité d’un changement de style
  2. Introduction
  3. Le discours du Professeur Joyeux
    • Quoi de neuf ?
    • Quoi de vrai ?
  4. Le discours des contradicteurs
  5. Réception
    • Une vraie pétition ?
    • Le système des experts
    • La faute des autres et la médicalisation
  6. Récapitulatif
  7. Conclusion

Avant-propos : nécessité d’un changement de style

Parmi mes critiques les plus fiables, les mieux inspirés et les plus sûrement amicaux, certains m’ont reproché que l’horreur des conflits de personnes et mon mépris pour les internautes auto-centrés n’obscurcissent mon propos : même les initiés ne voient pas toujours les individus ou les situations visés par mes (trop fines...) allusions, tandis que ma phobie du rabâchage et mon idéal d’impersonnalité me dissuadent trop souvent de revenir sur des anticipations dont la confirmation ultérieure atteste pourtant la crédibilité des analyses qui y avaient conduit. En avril 2009, quel type sérieux osait s’interroger à haute voix sur l’identité de ceux à qui allait profiter la pseudo-pandémie H1N1 ? Dès novembre 2010, qui osait insinuer que l’affaire Médiator n’était qu’une mystification, que celle qui l’avait lancée était surtout une pauvre fille en quête de promotion personnelle, que ses soutiens les plus affichés étaient des pervers attachés à la prospérité du système qu’elle prétendait dénoncer alors qu’elle n’y connaissait rien, et que la réforme promise contribuerait surtout à aggraver la situation ?

Bon, bref, et juste pour dire : après quelques douloureuses hésitations, j’ai fini par admettre qu’un changement de style s’imposait. Dans le texte qui suit, j’ai bon espoir que mes lecteurs verront mieux de qui je parle et ce que je leur reproche précisément...

Introduction

Au contraire de leur tendance naturelle - on oserait dire : compulsionnelle - consistant à ignorer obstinément toute contribution sérieuse critiquant la politique vaccinale des autorités françaises, les médias ont donné un large écho à une récente « pétition » signée par un certain Professeur Henri Joyeux [1]. À elle seule, cette promotion médiatique sélective donne déjà une indication quant à la valeur réelle de la « pétition » en question, dans un contexte où les journalistes et autres valets du système célèbrent régulièrement des « lanceurs d’alerte » qui aiment à jouer le bruit et la fureur, mais que l’on ne rencontre jamais sur les vrais champs de bataille, qui n’ont jamais subi la moindre représaille [2] et dont les résultats s’avèrent immanquablement contraires aux objectifs qu’ils prétendent servir.

Nous commencerons par une brève analyse du discours tenu par le Professeur Joyeux pour justifier sa pétition, afin d’en documenter la nullité. Puis, nous en viendrons aux contradicteurs dudit Professeur pour montrer que, même confrontés à une telle indigence argumentative, ils ne parviennent décidément pas à concevoir la moindre antithèse crédible – ce qui en dit tristement long sur la justification médico-scientifique du tout-vaccinal promu par les autorités françaises et leurs experts à la botte. Enfin – car c’est cela surtout qui me paraît important – nous analyserons la réception de cette ridicule polémique, en nous demandant comment il est possible que tant de gens s’y laissent entraîner.

Le discours du Professeur Joyeux

Quoi de neuf ?

Comme l’ont déjà remarqué – à juste raison – certains de ses critiques, il n’y a, dans les titres et travaux dont se prévaut si complaisamment notre pétitionnaire, rien pour accréditer la moindre compétence spécifique en matière de vaccination ou de pharmacovigilance [3].

À quoi l’intéressé répond aujourd’hui qu’il n’y a pas besoin d’être spécialiste « pour observer les manipulations dont sont l’objet certains "experts" » [4]. Certes…

  • Mais si l’on entend utiliser ce type d’argument, on commence par dénoncer les « manipulations » dont on a l’expérience quotidienne dans son champ de compétence le plus naturel : à cet égard, la cancérologie aurait dû lui servir de mine inépuisable [5]…
  • On évite d’opposer ses propres inepties à celles des experts censément « manipulés ».
    • L’argumentation de Joyeux est tellement minable qu’elle a réussi à s’attirer les verges même des anti-vaccinalistes les plus nuls (ce n’est pas ça qui manque). Pour ne prendre que cet exemple, il est faux que le DTP ait été suspendu « sans raison apparente » : les autorités ont dûment justifié cette mesure et, pour dénoncer l’irrecevabilité de leurs justifications, encore faudrait-il avoir le minimum de compétence [6] qui fait manifestement défaut à notre cancérologue omniscient, lequel se contente d’exposer au ridicule d’une réfutation trop facile les innocents qui l’ont suivi en toute confiance (un Professeur, c’est fait pour être cru, oui ou merde ?...). Comme il l’avoue aujourd’hui avec la désopilante ingénuité d’un type manifestement peu habitué à se remettre en cause, « ce à quoi nous n’étions pas préparés, en revanche, c’est que tous les aspects de notre pétition allaient être contestés » (Les Moutons enragés, 02/06/15) : un minimum de préparation est encore le meilleur antidote contre l’impréparation…
    • Il suffit de se reporter sur son site pour constater que, tout en jouant sur les mêmes cordes (la dramatisation des risques pesant sur « la santé »), sa propre promotion commerciale (qualifiée par l’intéressé « d’excellent travail d’information » [7]) est encore plus minable que celle du marketing pharmaceutique. À preuve – entre mille autres – ce message du 22/12/14 affirmant sans la moindre vergogne « Le simple fait de suivre les informations santé du Professeur Joyeux pourrait vous tenir éloigné des maladies graves ! » (c’est moi qui souligne…) : et booster la rentabilité de vos placements financiers, tout en vous rendant les érections de votre jeunesse ?
  • Si ce que dénonce notre Professeur est ainsi à la portée de quiconque disposant d’une instruction médico-scientifique élémentaire, que viennent faire dans le débat les titres et travaux qu’il expose si vaniteusement et qui - chacun (même lui, maintenant) en convient - n’ont rien à voir avec les problèmes posés [8] ? Dans l’ordre de la même inconscience, il faut n’avoir peur de rien pour se poser en « lanceur d’alerte » à propos de questions qui sont dans le débat public depuis des années, voire davantage :
    • le petit jeu pervers de l’administration avec les vaccins obligatoires a été dénoncé dès 2004 [9] dans Le Quotidien du pharmacien [10], à ma connaissance le magazine le plus lu dans les officines françaises : ça fait donc un paquet de gens informés depuis un paquet de temps (plus de 10 ans [11]) ;
    • il y a eu d’autres essais de pétitions (notamment dès février 2011, puis en mai 2011) et qui se distinguaient de l’actuelle par la crédibilité des arguments qui les sous-tendaient et par l’exigence d’un engagement personnel minimum chez tout signataire (cf. plus bas) ; quitte à en relancer une nouvelle, il eût été à tout le moins raisonnable d’analyser celles qui avaient précédé et ce, d’autant plus que je m’étais donné la peine de commenter certaines des réponses qu’elles avaient suscitées chez les Parlementaires contactés. Les plus fidèles de mes lecteurs m’épargneront le soupçon que je serais flatté de me voir reconnu comme précurseur chez les bouffons : en revanche, quand on prétend s’engager dans une action qui n’est en rien nouvelle et sur un domaine qu’on ne connaît pas, on devrait commencer, avant de débarquer à la fumée des cierges, par essayer de comprendre pourquoi les précédentes tentatives ont échoué ;
    • de façon encore antérieure, ce problème de la protection des sujets soumis à une vaccination obligatoire (article L. 3111-9 du code de la santé publique) a été clairement et énergiquement posé devant la représentation nationale dès le 09/06/10 (soit depuis cinq ans), dans le cadre de la commission d’enquête sur la vaccination contre la grippe porcine [12] ; parmi bien d’autres évocations publiques également anciennes, on peut aussi citer une émission relativement suivie (Magazine Médical sur France 2), en date du 14/02/2012, au cours de laquelle Marina Carrère d’Encausse m’avait précisément interrogé sur cette question dont elle avait perçu la gravité : c’est avec des « lanceurs d’alerte » aussi éveillés que Joyeux que l’on se retrouve un beau matin avec plein de chars allemands du côté français de la ligne Maginot [13].
    • je veux bien que tout cet argumentaire minable soit une pierre dans le jardin de Big Pharma et de « certains "experts" » : mais on me permettra de ricaner sur la « contre-expertise » d’un « lanceur d’alerte » qui ne craint pas de défendre comme « obligatoire » le vaccin… contre la diphtérie, dont aucun cas autochtone n’a été rapporté depuis 1989 [14]. À la fac de médecine où Joyeux est si fier d’enseigner, la réactualisation des connaissances n’est pas tendance : "evidence-based medicine", on disait [15] ?

Sur la base de ces rappels pourtant excessivement succincts, on ne sait s’il faut blâmer l’incompétence du cancérologue ou l’arrogance du Professeur qui ne craint pas de trompéter que « si nous ne bougions pas, personne ne le ferait ». Rassurez-vous, Professeur, d’autres ont déjà bougé depuis bien longtemps, bien plus sérieusement – et en prenant bien plus de risques… « Nul ne peut servir deux maîtres », disait un Lanceur d’alerte de l’ancien temps que vous prétendez révérer : en l’espèce, vous êtes constamment en porte-à-faux avec le conformisme hospitalo-universitaire qui vous a apporté la reconnaissance dont vous êtes manifestement si flatté et, d’autre part, votre soudain désir de vous poser en critique intransigeant de ce conformisme auquel vous avez forcément contribué – vous ne seriez pas « Professeur » sinon…

Quoi de vrai ?

Que notre bon Professeur dise n’importe quoi à propos des vaccins (et de bien autre chose) n’est pas un scoop : nous étions déjà quelques-uns à l’avoir relevé à propos de sa précédente pétition, concernant cette fois plus spécifiquement Gardasil, qui reflétait une préoccupante ignorance tant du dossier relatif à ce vaccin que des principes technico-réglementaires qui gouvernent classiquement l’évaluation des médicaments. On relèvera que confronté à d’autres âmes généreuses (notamment mes amis C. Riva et JP. Spinosa) qui ont cru judicieux de le dégrossir sur ce sujet qu’il méconnaissait si pitoyablement, l’intéressé (tout comme M. Rivasi, co-destinataire du même courrier) est resté de marbre : on n’est pas Professeur de médecine si l’on n’a pas donné toutes les preuves de sa résistance aux critiques des manants.

Si cela en valait la peine, on pourrait reprendre presque phrase à phrase le discours-fleuve par lequel Joyeux a introduit sa pétition, pour en montrer l’impressionnante vacuité. Cela prendrait du temps et, dans la perspective des « critères intrinsèques de crédibilité », on ira plus vite en se contentant de deux exemples assez caricaturaux pour décrédibiliser tout le reste.

  • Après avoir posé comme allant de soi que le DTP était un vaccin « sûr », Joyeux introduit l’article L. 3111-9 du code de la santé publique comme destiné à protéger les victimes dudit vaccin : mais si ce dernier est si évidemment « sûr », pourquoi avoir concocté – et depuis si longtemps – une disposition législative assez exceptionnelle (responsabilité de l’État sans faute) pour en indemniser les potentielles victimes ?
  • De même, notre Joyeux pèse de tout son poids de cancérologue pour accréditer que le formaldéhyde contenu dans les nouveaux vaccins serait intolérablement dangereux : c’est bien possible, mais s’il avait pu sortir de son omniscience pour consulter ne serait-ce qu’un Vidal, il aurait pu constater que cette substance intolérablement toxique (dixit) était également contenue dans le DTP dont il vient de soutenir qu’il s’agissait d’un vaccin sûr… À l’Université, on attend d’un Professeur qu’il saque les abrutis qui ne rougissent pas de soutenir tout et son contraire à quelques lignes d’intervalle…

Mes lecteurs me pardonneront de ne pas perdre mon temps à réfuter l’adhésion fanatique de notre grand cancérologue aux supposés dangers de l’aluminium vaccinal. À titre de simple rappel et en attendant le complément de contribution que j’ai dûment promis, je me contenterai de rappeler synthétiquement qu’à l’heure actuelle, la toxicité générale de l’aluminium vaccinal repose, en tout et pour tout, sur la notion archi-foireuse de « myofasciite à macrophages », laquelle – avec l’appui d’associations non moins foireuses – s’est imposée dans le paysage médiatique sur la notion d’une image biopsique entièrement nouvelle et d’une symptomatologie censément caractéristique, alors que : i) même les inventeurs du concept ne contestent même plus que ladite lésion n’a jamais été une nouveauté, ii) la seule caractéristique de la symptomatologie c’est, justement, que personne n’a jamais été capable d’en décrire la moindre tendance caractéristique. « Les manipulations dont sont l’objet certains "experts" », disait l’excellent Joyeux…

Au chapitre « je dis n’importe quoi et j’en suis tellement fier que j’invite les médias pour les prendre à témoin », on relèvera enfin l’argument étrange de notre pétitionnaire cancérologue que ce serait une prise de risque exagérée de vacciner simultanément contre « six maladies graves d’un coup » : on peine à comprendre en quoi vacciner « d’un coup » contre six maladies bénignes serait a priori moins risqué… Ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, pensent que les médecins, dans leur immense majorité, ne comprennent rien à la recherche clinique trouveront là une éloquente illustration des inepties auxquelles l’on est conduit lorsque l’on n’a aucun cadre conceptuel pour distinguer le « bénéfice » (en l’espèce, une éventuelle immunisation contre des maladies censément graves) et le « risque » (en l’espèce, les complications des vaccins) d’un traitement… Las : ce n’est pas avec des professeurs d’un tel acabit que la conscientisation des jeunes médecins à cet égard va s’améliorer [16]…

Le discours des contradicteurs

Pour gagner du temps, là encore, on se contentera d’un seul exemple, mais assez parlant en vérité : la réponse publiée par Rue89 (24/05/2015), dans une rubrique qui ne pèche pas par excès de doute cartésien : « Le démonte rumeur ». Démonte-moi ta rumeur, ma Belle, et j’te ferai voir mes adjuvants

Dans une hystérisation assez pitoyable des pseudo-risques encourus (« pour les protéger ») par ceux qui nagent dans le système comme des poissons dans l’eau, le responsable de la rubrique explique benoîtement qu’il convient de respecter l’anonymat des deux pauvres gourdes [17] chargées de porter haut l’étendard de la politique vaccinale française : des fois qu’un ligueur armé d’une kalachnikov soit déjà à traîner dans la rue88… En prétendant protéger celles qui ne sont menacées de rien, notre journaliste chevaleresque s’assied avec une bonne conscience absolue sur la loi (qu’il ne connaît probablement pas), en l’espèce celle qui fait obligation à tout professionnel de santé de faire état de ses liens d’intérêts avant d’intervenir dans un média (Art. L.4113-13 du code de la santé publique) : c’est évidemment un manquement très grave, mais le journaliste de Rue89 a d’autant moins de raisons pour s’en soucier qu’il fait exactement comme la plupart de ses confrères et qu’on ne sache pas que de tels écarts à la loi aient jamais été sanctionnés par les autorités. Pourquoi se gêner ?

Au passage et histoire – moi – de rester cohérent avec ce que je dis ailleurs, on s’amusera de voir Rue89 – qui cultive son image (faussement) décalée et pourfend « toutes » les discriminations (sauf celles qui comptent vraiment) – s’impliquer, et avec une telle incompétence journalistique, dans une polémique aussi étroite et dont la portée est loin de celles qui ont motivé les engagements récents de cet organe de presse : le mariage pour tous, la « déconstruction » des rôles sexués, Charlie, la défense et illustration de toutes les sexualités… Force est de constater, une fois encore sur pièces, la remarquable proximité – je devrais dire : la complicité objective – de tous ces idiots utiles de la Gôche New Age avec les intérêts pourtant voyants du complexe médico-pharmaceutique…

Pour le reste et sans entrer dans le détail, on se contentera de noter que l’argumentation de nos deux anonymes du genre féminin est aussi systématiquement nulle que celle des autorités sanitaires sur le sujet – ou celle de notre lanceur d’alerte implacable sauf dès qu’il s’agirait des « manipulations » qui ont pavé son quotidien de cancérologue. Juste pour ricaner à propos de la vaccination des enfants contre l’hépatite B, supposée faire « consensus » : en décembre 2004, seule fois de ma vie où j’ai sollicité un rendez-vous avec le Directeur Général de l’AFSSAPS pour évoquer ces problèmes qui m’accablaient tellement, ce dernier m’a avoué en confidence que les complications neurologiques de ces vaccins chez l’enfant étaient, de loin, ceux qui lui paraissaient les plus alarmantes. Je peine à croire que, depuis lors, les pauvres études de Tardieu et consorts aient significativement contribué à lever son souci : il a mieux fait d’aller butiner ailleurs. Au fait, Mesdames et Messieurs les pourfendeurs de toutes les discriminations, ça s’appelle comment le « consensus » qui affecte d’ignorer ceux qui ne s’y retrouvent pas, quelque crédit qu’ils aient pour parler du problème posé : une discrimination ?

Malgré mon intention initialement affichée de ne pas perdre trop d’énergie avec tout ça, je ne résiste pas au plaisir de réagir à un autre contre-argumentaire que – le présent article étant déjà bien engagé – un confrère est parvenu à m’envoyer entre deux hoquets de fou-rire. Il s’agit d’un communiqué de – garde à vous ! – la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF, pour les intimes) : les Professeurs parlent au Professeur… Je n’en extrais qu’un passage, les autres ne valant pas mieux : « La vaccination des nourrissons contre l’hépatite B repose sur une base médicale ».

En fait de « base médicale », la vaccination des nourrissons contre l’hépatite B repose surtout sur une ÉNORME escroquerie consistant à avoir confondu date de diagnostic (de la sclérose en plaques) et date de survenue (des premiers signes et symptômes), à en avoir conclu que la maladie ne pouvait survenir avant l’âge de deux ans [18] et à avoir – par sécurité – opportunément exclu de la base de données officielle tous les cas qui, nonobstant cette abominable cuisine, s’obstinaient à être apparus avant cet âge de deux ans… À ce niveau de falsification, on n’est plus dans la « base médicale », ni dans la science : on est dans l’enquête de police ou, du moins, on devrait y être si la justice pénale française disposait effectivement d’un « pôle santé », doté de juges capables de faire autre chose que papoter avec des journalistes ou d’obtempérer aux demandes de non-lieu venues d’en-haut… Que cette falsification scandaleuse se soit ensuite imposée comme « base médicale », ça en dit juste tristement long sur la crédibilité des confrères qui parlent sans complexepubliquement et avec une préoccupante assertivité – de ce qu’ils n’ont pas pris la peine d’étudier avec un minimum de sérieux : ils devraient postuler une place d’assistants chez Joyeux…

Réception

Une vraie pétition ?

D’autres l’ont remarqué avant moi : on aimerait avoir quelques nouvelles de la précédente pétition du même « lanceur d’alerte », qui visait Gardasil : a-t-elle été déposée, par qui et où ? Des questions similaires se posent, ou vont se poser avec la nouvelle pétition, sachant de plus qu’on ne manque pas d’être gêné par l’insistance étrange de Joyeux sur l’intérêt personnel qu’il porte aux signatures de celle-ci...

Quoique personnellement affranchi en ce qui concerne les pseudo-pourfendeurs de « hoax » en service pour Big Pharma et autres instances du néocapitalisme, je remarque en passant qu’on trouve sur Internet quelques contributions faisant état des relations étranges entretenues par notre Joyeux pétitionnaire, voire dénonçant les comportements douteux de ses associés au sein de l’Institut de Protection de la Santé Naturelle dont les objectifs lucratifs sautent aux yeux du plus naïf (malgré les invraisemblables dénégations de Joyeux). En passant, on relève que cet « Institut » est domicilié en Belgique : ne faisant pas mystère de ses convictions religieuses, Joyeux serait-il « catholique », mais pas « Français toujours » dès qu’il s’agit de faire du business ?...

En tout état de cause, le premier imbécile venu peut faire une petite expérience de nature à susciter quelques doutes quant à la crédibilité de la « pétition » en question : il suffit d’aller sur le site de signature, et de rentrer successivement diverses adresses fantaisistes pour constater qu’à chaque fois, le compteur s’incrémente d’une unité. Pas la peine d’être bien malin pour imaginer comment, avec un tel système, on peut battre des records… On aurait pu rêver système de recensement plus rigoureux chez un Professeur qui se targue de ne pas écrire « n’importe quoi » [19] : car avec une procédure aussi manifestement peu fiable, on est dans des pratiques qui évoquent plus la télé réalité que la « démocratie sanitaire ». Pour ne point parler de ceux qui insinuent sans gêne que, même bidon, une pétition informatique est quand même un super moyen de se faire un fichier clients…

Le système des experts

L’expertise, je l’ai dit, répété et illustré à de nombreuses reprises, vise en fait à priver les citoyens de leur pouvoir de constat et à permettre aux décideurs de dissimuler la dimension éminemment politique des enjeux : there is no alternative… Mais si, du moins en ce qui concerne la médecine, cette privation, pour intolérable qu’elle soit vraiment, ne suscite aucune révolte, c’est tout simplement parce qu’elle exauce les vœux les plus chers des contemporains encouragés, depuis leur plus jeune âge, à se sédimenter dans l’immaturité et la réalité virtuelle : « en l’absence d’adultes, on se met à faire confiance aux experts » [20]. Dès lors, qu’apporte Joyeux qui ne craint pas de se présenter comme « expert » sur des questions – on vient de le montrer (et la démonstration pourrait être élargie presque au mot à mot de son discours) – où, à l’évidence, il ne dispose pas de la moindre expertise, et même pas des connaissances de base qu’on serait en droit d’attendre chez n’importe quel étudiant ?

Dans cette dynamique aussi antipolitique qu’antidémocratique, les querelles de surface dont Joyeux vient de nous donner une superbe illustration ont pour fonction de conforter les citoyens dans leur infantilisme en leur donnant l’illusion qu’ils auraient le choix de leurs experts – option toujours précieuse pour les gamins qui aiment à faire des scènes (« j’t’aime plus ») – alors qu’il n’y a rien de fondamentalement changé sous l’écume des fausses polémiques : et c’est bien pour cela qu’elles ont un tel succès médiatique – puisqu’elles ne menacent rien de fondamental [21]. Dans le même temps, ceux-là même que n’aurait pas traversé l’idée de s’associer à une démarche tant soit peu politique en contactant leurs représentants selon mes suggestions pourtant peu contraignantes m’écrivent soudain en réclamant une réponse personnelle et de toute urgence (si possible directement sur leur portable) quand ils se trouvent personnellement confrontés à l’indisponibilité des vaccins obligatoires : Narcisse contemporain, c’est ça – aucune sensibilité aux problèmes autres que ceux qui viennent perturber dans l’instant un confort individuel, aucune capacité de comprendre que les solutions puissent requérir plus qu’un kit à usage unique dont il reste à attendre la livraison (si possible express) une fois qu’il a été commandé [22]... C’est la supériorité des bateleurs comme Joyeux de fédérer des gens comme ça. Juste un clic de souris pour bénéficier de la caution d’un Professeur qui braille sans rien remettre en cause sérieusement : que demande le peuple ? Même pas besoin de déconnecter la console ou d’interrompre le chat…

Alors que LA grande leçon de la grippe porcine (sur laquelle notre « lanceur d’alerte » surtitré reste étrangement silencieux) eût dû être que la corruption qui pesait sur tout le système d’évaluation rendait définitivement inacceptable toute obligation vaccinale explicite ou implicite [23], le débat idiot qui occupe les médias depuis maintenant deux semaines se cristallise autour d’un vaccin non moins idiot qui concerne une maladie que personne n’a vue depuis trente ans, dont il devient urgent de défendre l’obligation ! De même, alors que fondée sur des arguments ridicules, la fausse polémique sur la toxicité de l’aluminium a puissamment contribué à détourner l’attention du public à un moment crucial où même les professionnels commençaient à émettre des doutes sur la justification d’un tout vaccinal concocté par une mafia médico-pharmaceutique désormais incapable de mériter l’argent d’une véritable innovation, il faudrait aujourd’hui comprendre que le terrible problème de vaccins promus contre tout et n’importe quoi (incluant l’acné et le tabagisme…) disparaîtra quand, une fois ce métal éliminé, tous les cons (notamment ceux qui prétendent représenter les victimes qui ont déjà payé plus que leur comptant à cette terrible escroquerie) pourront assouvir leur hypocondrie de déments en se gavant, entre deux émissions de télé, de tous les super vaccins qu’on voudra bien leur proposer [24].

La faute des autres et la médicalisation

La première condition du succès médiatique, je l’ai dit, c’est de jouer le bruit et la fureur sans remettre en cause quoi que ce soit de fondamental [25] : ça entretient l’illusion d’une démocratie dans une société tragiquement bloquée par les conflits d’intérêts de tous et de chacun. Ainsi et avec une inconscience déprimante, Joyeux commence par se présenter fièrement comme héritier du système qu’il prétend dénoncer. De plus, son argumentaire est tellement nul qu’il permet à tous les minables (n’est-ce pas, Madame le Ministre ?) de protester hautement au nom d’une contre-argumentation aussi nulle, mais soudainement reboostée par contrecoup. Enfin, poser comme une urgence actuelle que soit remis à la disposition du public le vaccin anti-diphtérique, sans dire un mot sur l’archaïsme et de ce vaccin, et des obligations vaccinales, fallait le faire : Henri Joyeux l’a fait [26].

Deuxième condition du succès médiatique, quasi pathognomonique : quelque scandale que vous dénonciez, il importe par-dessus tout qu’il soit – et entièrement – imputable à la faute DES AUTRES [27]. Sous l’impulsion des Rue89 et autres supports de crédibilité équivalente, l’époque met son point d’honneur à promouvoir toutes les sexualités, incluant les plus perverses ou les plus étriquées ; mais par un anachronisme grotesque qui ne manque pas de frapper quiconque dispose d’un minimum de sens historique, les contemporains restent fascinés par l’image de la probité candide, enveloppée dans le lin blanc de l’innocence : on a les burqas qu’on peut… Cette fascination pour les vierges en tout ou rien réduit à néant la pratique pourtant ancienne de l’examen de conscience dont on voudrait croire qu’elle n’a aucun secret pour Joyeux…

L’enfer, on le sait, c’est toujours les autres. Mais s’arrête-t-il aux seules portes de Big Pharma, l’enfer de la médicalisation et de la prévention à tout prix qui fait les « gros sous » péremptoirement décriés par Joyeux ? À l’étonnement des intéressés [28] qui tendaient à me porter aux nues au motif que mes travaux leur donnaient des arguments assez sophistiqués contre la médecine « académique » qu’ils exècrent (tant qu’ils ne sont pas vraiment malades...), j’ai formellement accusé les promoteurs de médecines « douces » d’être « aux avant-postes de cette médicalisation qui nous asphyxie » [29]. Que ce soit dans le discours de Joyeux ou dans la promotion mal déguisée de ses propres intérêts, qu’est-ce qui permet à faire la différence entre tous les amateurs de « gros sous » ?

Est-ce que notre Professeur si fier de ses publications émet la moindre idée pour arracher ses jeunes confrères aux pièges d’une prévention à laquelle ils n’ont jamais été formés [30] et qui fait d’eux les nervis décervelés d’un complexe médico-pharmaceutique intéressé par l’argent, et juste par l’argent pourvu qu’il y en ait beaucoup ? Est-ce que notre « lanceur d’alerte » qui se pose en conseiller bénévolent des « 820 000 mères de famille qui accouchent chaque année » a la moindre intention de les arracher à des siècles d’aliénation atrocement misogyne, de les exhorter à ne pas consulter des pédiatres qui n’ont jamais vu un tympan d’enfant au cours de leurs études et qui seraient bien incapables de poser un diagnostic de rougeole, à ne pas se précipiter aux urgences dès que leur gamin fait 37°1 de température, à ne pas gober la lamentable promotion de charlatans clamant à qui veut bien les entendre que « le simple fait » de suivre leurs conseils tiendra leurs petits chéris « éloignés des maladies graves » ?

Est-ce que notre catholique si militant a la moindre disposition à expliquer aux gens qu’ils vont bien devoir mourir un jour et qu’en attendant, c’est oublier de vivre et injurier la Providence que de passer son temps à s’auto-palper anxieusement, que de dépenser tant d’argent à entretenir les pervers qui promeuvent « la santé » [31] sans jamais la définir, qui valorisent l’hypocondrie à seule fin de refourguer leurs inépuisables panacées, qu’elles soient allo- ou homéopathiques, qu’elles soient officielles ou parallèles, qu’elles émanent de « certains "experts" » censément « manipulés » ou, au contraire, d’un « Institut » supposé accomplir un « excellent travail d’information » [32].

Récapitulatif

Si le Professeur Joyeux entendait jouer les « lanceurs d’alerte » – c’est-à-dire et contrairement à ce qu’accréditent tou(te)s les con(ne)s qui prétendent au statut, non pas se poser en précurseur dans une dénonciation, mais assumer d’être coincé dans un conflit de loyautés (avec, évidemment, reconnaissance des liens d’intérêts qui rendent compte de la situation) – il aurait dû se limiter à son expérience de cancérologue : ça aurait déjà fait de la matière…

Si le Professeur Joyeux entendait dénoncer le scandale persistant de la vaccination contre l’hépatite B, il aurait dû s’intéresser au problème dès l’origine [33], et ne pas accréditer comme « logique » la vaccination des professionnels de santé quand de nombreux éléments sont disponibles pour conclure, au contraire, que cette obligation est un scandale dans le scandale.

Si le Professeur Joyeux voulait stigmatiser l’aluminium vaccinal sur la base d’un « excellent travail d’information », il aurait dû se faire communiquer les expertises judiciaires qui, dès le début des années 2000, s’étonnaient qu’on pût fonder une nouvelle maladie sur la base d’une symptomatologie obstinément insaisissable et d’une lésion biopsique prétendument "nouvelle" dont il était facile de montrer qu’elle ne l’était en rien…

Si le Professeur Joyeux entendait protester contre l’utilisation perverse des obligations vaccinales pour imposer le recours à des vaccinations non obligatoires, plus risquées et bien plus onéreuses, c’est dès 2004 qu’il aurait dû tirer la sonnette d’alarme.

Si le Professeur Joyeux entendait alerter sur les problèmes posés par la mise en échec de l’art. L 3111-9 du code de la santé publique, il aurait dû commencer par se demander pourquoi, dûment informés du fait dès 2010, les représentants du Parlement n’ont strictement rien fait – malgré leurs promesses outrées ; accessoirement, il aurait dû veiller à l’actualisation de ses propres connaissances sur la jurisprudence.

Si le Professeur Joyeux prétendait apporter une contribution utile au piège grossier des obligations vaccinales, il aurait dû intervenir de toute son autorité dès avril 2009 [34], disséquer le scandale de la pandémie H1N1 pour en conclure qu’à cet inconcevable niveau de corruption, c’est la notion même d’obligation vaccinale qui n’était plus tenable – au lieu de se lancer dans un plaidoyer consternant en faveur d’un vaccin antidiphtérique aussi obsolète [35] qu’obligatoire.

Si le Professeur Joyeux croit au pouvoir des pétitions, il aurait dû s’informer sur l’échec de celles qui avaient précédé (à commencer par la sienne consacrée à Gardasil – dont on ne sache pas qu’elle ait modifié quoi que ce soit aux pratiques actuelles) et ne pas en concevoir une nouvelle dont les modalités plus qu’approximatives alimentent tous les soupçons de manipulation.

Si le Professeur Joyeux veut accréditer qu’il a « l’objectivité scientifique » pour seule Maîtresse, il aurait dû entendre les critiques concernant l’amateurisme de sa position sur Gardasil et se confondre en excuses pour l’avoir médiatisée via une pétition consternante.

Si le Professeur Joyeux entend s’attaquer aux tares du système médico-pharmaceutique auquel il est si fier d’appartenir, il devrait commencer par réfléchir aux ressorts de la propagande ce qui les sous-tend, à savoir : i) une phobie de la maladie et de la mort entretenue jusqu’à l’absurde, tout particulièrement par les cancérologues et par les promoteurs « de la santé naturelle » ; ii) une dramatisation des risques de santé assortie de la promesse charlatanesque qu’on pourrait se « tenir éloigné des maladies graves » simplement en suivant « les informations » intéressées distillées par des pseudo-experts omnicompétents. Accessoirement, il devait éviter de doper les nervis du système qu’il prétend exécrer en leur apportant sur un plateau une argumentation assez débile pour entraîner dans la décrédibilisation ceux qui travaillent à promouvoir – mais en vrai et quoi qu’il leur en coûte – "l’objectivité scientifique".

Conclusion

Comme annoncé dès le chapeau du présent article (et comme attendu dès qu’un bateleur endosse le costume à la mode du "lanceur d’alerte"), la très professorale pétition d’Henri Joyeux a d’ores et déjà débouché sur des résultats exactement contraires à ses objectifs affichés :

  • malgré l’accumulation des preuves, elle a fourni un nouveau prétexte pour globaliser dans un mépris indistinct la critique de ceux qui s’emploient à dénoncer, mais avec des arguments sérieux, la criminelle dérive de la politique vaccinale française ;
  • elle a fait régresser la conscientisation récente de la population relativement aux risques et aux dangers des obligations vaccinales ;
  • elle a permis aux plus méprisables valets du système de se poser en savants contre-experts et de resservir leur argumentation minable avec un culot renforcé par la nullité de l’attaque.

Merci, Professeur Joyeux...

Au total, cette pétition inepte a fourni au ministre de la santé (et autres nervis de Big Pharma) le prétexte rêvé pour avancer d’un cran décisif dans la promotion de la criminalité médico-pharmaceutique : "la vaccination, cela ne se discute pas" [36]. Oh ! si, Madame le ministre, cela se discute : mais si possible avec des gens compétents et dotés d’un minimum de conscience quant à leurs conflits d’intérêts...

Parce que pour l’heure, le débat lamentable occasionné par cette pétition navrante de vacuité médico-scientifique a surtout concrétisé un nouvel épisode de cette increvable émission typiquement française :

Les médiocres parlent aux insignifiants.

[1] L’intéressé tient manifestement beaucoup à son titre : on a les hochets qu’on peut, même à 70 ans passés…

[2] Je ne parle évidemment pas de ceux qui, enfin sanctionnés de leur incompétence ou de leur lâcheté, s’inventent rétrospectivement une prise de risques supposée justifier des malheurs exclusivement imputables à leur nullité.

[3] On ajoutera que toute personne tant soit peu au fait de la recherche scientifique ne peut qu’entretenir une certaine suspicion à l’endroit des gens qui se prévalent de publications par centaines : sous réserve que l’on ne s’approprie pas les résultats des jeunes (vieille pratique du milieu professoral auquel Joyeux est si fier d’appartenir), que l’on ne s’adonne pas à la duplication des résultats déjà publiés, que l’on consacre le temps requis à une authentique recherche et que l’on n’ait pas peur d’aller à contre-courant, l’expérience atteste qu’il est difficile de multiplier les publications scientifiques – ne serait-ce que parce que la véritable originalité contrevient vite aux formidables intérêts qui gouvernent désormais la vie des revues dites « scientifiques » et de leurs sponsors.

[4] Le Midi Libre, 01/06/15.

[5] Je n’ai aucun souvenir que H. Joyeux ait mis son autorité à me soutenir lorsque, à l’émission Les petits matins de l’été (France Inter, 31/07/11), j’ai été publiquement injurié par Bernard Debré pour avoir osé rappeler cette évidence que la cancérologie était l’une des spécialités « les plus maquées » avec l’industrie pharmaceutique… Je n’ai jamais reçu, non plus, le moindre soutien de l’intéressé lorsque j’ai commencé à dénoncer la mystification des mammographies à une époque où quasiment personne – et surtout pas les professeurs de cancérologie – n’en avait encore parlé dans notre pays…

[6] Notamment en pharmacovigilance et en réglementation pharmaceutique.

[7] Le Midi Libre, op. cit..

[8] Imagine-t-on un champion d’haltérophilie recruté pour commenter Roland-Garros ?

[9] Sur ce problème comme sur pas mal d’autres, les « lanceurs d’alerte » accrédités par les médias n’ont simplement rien vu des signes pourtant alarmants qui trahissaient la volonté des autorités sanitaires de tester la stratégie de pénurie ultérieurement mise en place depuis 2008 et constamment aggravée depuis.

[10] Mon article est disponible en PJ ICI.

[11] Je fais le calcul par compassion pour les jeunes qui, grâce à une ministre de l’Éducation nationale qui, du haut de sa nullité avouée en math et dont elle s’est apparemment mal remise, a décidé qu’on devait les apprendre en s’amusant...

[12] Assemblée Nationale, Rapport d’information n° 2698, juillet 2010 : p. 657.

[13] Au passage, on relèvera comme tristement significatif que la seule réponse de Joyeux aux bonnes âmes qui ont cru bon corriger son information juridique sur le sujet ait été… de les inscrire sur la liste de diffusion de sa feuille de choux promotionnelle : rien que de la rigueur scientifique et de l’éthique médicale, on vous dit…

[14] Selon « certains "experts" », pour parler comme Joyeux, cette quasi-disparition de la maladie est évidemment due à la vaccination. Évidemment…

[15] À ce propos, il eût été utile que Joyeux documente par de réelles preuves (« evidence » en anglais) son idée-force que « les vaccins obligatoires (…) ont suffisamment fait leurs preuves de par le passé » (Le Midi Libre, op. cit.) : les preuves attendues, en pareille espèce, devraient concerner l’efficacité des vaccins en question sur la fréquence et la gravité des maladies qu’ils visaient, AINSI QUE l’intérêt de l’obligation. Il y a quand même des moments où il convient de distinguer la foi et la démonstration scientifique…

[16] Pour respecter ma promesse de ne pas m’attarder plus que nécessaire sur une argumentation indigente, je passe sur la recommandation de « prendre en compte le groupe HLA des personnes avant de les vacciner » (Les Moutons enragés, op. cit.) : j’attends avec un immense intérêt de découvrir les résultats de l’étude épidémiologique qui justifieraient une dépense aussi considérable…

[17] L’objectivité impose de signaler que ces deux gourdes sont qualifiées de "scientifiques" par le Journal International de Médecine du 27/05/15 : entre "scientifiques"...

[18] Personne ne pense spontanément à poser un diagnostic de sclérose en plaques chez un gamin si petit : il faut un certain temps pour y penser et, encore plus, pour oser… Les médecins ont beau se poser en défenseurs acharnés de leur statut de travailleurs indépendants, il y a quand même des limites compréhensibles à l’indépendance...

[19] Le Midi Libre, op. cit..

[20] J.C. Michéa. L’empire du moindre mal. Essai sur la civilisation libérale, Flammarion 2010 : p. 175.

[21] Il est d’ailleurs frappant que les « experts » derrière lesquels le pétitionnaire prétend se ranger si complaisamment aient tous, à un titre ou à un autre, partie liée avec le système qu’il prétend dénoncer ».

[22] Même si la demande n’est pas toujours formulée explicitement, il est clair que la conscience politique des gens soudain confrontés à d’absurdes obligations vaccinales se contenterait d’un faux certificat...

[23] À l’exact contraire de ce qu’en a tiré G. Bapt, pourtant membre éminent de la commission d’enquête, qui ne voit aucun inconvénient à ce qu’on élargisse les obligations sous réserve qu’on retire l’aluminium des vaccins... Tiens donc...

[24] Nonobstant ce qu’imaginent les obsédés de l’aluminium, l’utilisation de ce métal n’est nullement un enjeu, mais une cartouche de réserve à la disposition de l’industrie pharmaceutique pour le jour pas forcément lointain où la chasse aux cons sera ouverte. Dans la mesure, en effet, où les fabricants n’ont strictement rien à cirer des questions d’efficacité vaccinale (penser à Gardasil et, plus encore, au vaccin antigrippal de la saison 2014-15), cela ne leur coûtera RIEN de renoncer purement et simplement à l’aluminium si c’est la condition pour maintenir, et même développer, leur sinistre business. On pourrait aussi imaginer qu’à l’instar du bisphénol A interdit à l’initiative débile des Grands Leaders de la santé publique (Bapt en tête), on remplace l’aluminium par un autre adjuvant dont la seule supériorité serait d’avoir été moins testé et moins étudié, l’important étant de soulager l’association E3M de ses réflexes pavloviens en lui donnant l’impression d’avoir remporté une insigne victoire. Pour pasticher Charlie Hebdo à l’époque lointaine de sa gloire méritée : Guerre de l’aluminium : le Roi des cons sûr de la victoire depuis le pacte signé avec Gérard Bapt et les livraisons de munitions en provenance de Créteil.

[25] C’est évidemment pourquoi les médias privilégient l’incompétence : j’ai récemment analysé un exemple fort instructif.

[26] Tout en promouvant comme « logique » la vaccination des professionnels de santé contre l’hépatite B (Les Moutons enragés, op. cit.) : on eût aimé que « l’objectivité scientifique » qu’il se targue de servir avec dévotion le conduise à récapituler les arguments qui sous-tendent cette logique et que son aversion proclamée pour « les gros sous », le « gouvernement », « l’Ordre des médecins » l’inspirent un peu plus justement dans son analyse de ce remarquable scandale sur lequel, manifestement, il ne dispose d’aucune donnée originale…

[27] Cela n’est pas sans rapport avec le point précédent, qui concerne l’incompétence : lorsqu’on n’a rien d’intéressant ou d’original à dire, le meilleur moyen d’occuper l’espace, c’est d’agresser les autres (en ignorant, évidemment, toutes les meilleures raisons qui pourraient conduire les autres à vous agresser)... Évidemment, les médias adorent ça : ça donne l’impression du mouvement, voire d’une tornade, alors que rien ne bouge en réalité. Ph. Even est passé maître dans ce jeu, qui lui rapporte une célébrité tout à fait disproportionnée à sa compétence sur les problèmes dont il cause le plus volontiers - la réglementation pharmaceutique, notamment...

[28] JL Martin-Lagardette. "Bibliographie : notre sélection printemps 2012". Ouvertures - Le temps du citoyen, 13/03/2012.

[29] M. Girard, Médicaments dangereux : à qui la faute ?, Dangles 2011 : p. 123.

[30] M. Girard. Médicaments dangereux..., op. cit. : pp. 17-22.

[31] Il y a quelque temps, j’ai été contacté pour un projet de conférence par une de ces promotrices de médecines « douces ». Ayant vérifié sur son site que son séminaire attirait les pires bouffons de l’anti-vaccinalisme et des médecines alternatives, j’ai courtoisement répondu en demandant si j’avais vraiment quelque chose à leur apporter et en rappelant que je tenais ces alternatives pour "les avant-postes" d’une médicalisation tous azimuts. Cette remarque a déclenché un premier vent de panique, conduisant mon interlocutrice à me harceler pour savoir quelles étaient mes propres recommandations « en cas de souci de santé » : à quoi j’ai simplement répondu en lui demandant comment elle définissait « la santé ». Désarçonnée par cette question pourtant simple mais à laquelle elle n’avait manifestement jamais réfléchi (tout en faisant profession de vendre de la « santé »), ma correspondante s’est lancée dans une stratégie épuisante de contournements, avant de finir par avouer, acculée, que sa définition de la « santé » était celle… de l’OMS – soit, précisément, celle sur laquelle se fondent tous les lobbies médico-pharmaceutiques pour faire leurs trafics à l’échelle du monde entier…

[32] Par exemple, en promouvant LA vitamine censée réduire de 29% (pas 28%, ni 30%...) le risque de décès par cancer, ou encore la façon de faire la cuisine qui réduit par trois votre risque d’infarctus (hommes et femmes confondus, cela va de soi, qu’ils soient fumeurs ou non, ou encore employés dans l’industrie chimique ou nucléaire)... Je ne parle pas de la « protéodie » qui introduit la musique dans le champ de la « santé » : médicalisation, vous disiez ?

[33] Ma première correspondance sur le sujet, adressée au BEH et évidemment rejetée par la revue, date de mai 1995…

[34] Ma première dénonciation télévisée du scandale H1N1 date d’avril 2009.

[35] Je recevrai avec beaucoup de gratitude le dossier d’enregistrement du vaccin contre la diphtérie : ça ne doit pas être triste, compte tenu de ce qu’on voit des décennies plus tard en matière d’enregistrement vaccinal.

[36] France-Soir, 30/05/15.


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