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Les abus de la psychiatrie

lundi 21 novembre 2011 par Marc Girard

Le présent article reprend le texte d’une présentation qui m’a récemment été demandée par la Commission des citoyens pour les droits de l’homme [1] , à l’inauguration d’une exposition intitulée "Psychiatrie : la vérité sur ses abus".

La déroute de « l’antipsychiatrie »

Sur un thème qui a déjà suscité d’innombrables contributions et relativement à des aspects socialement, psychologiquement, médicalement, légalement et déontologiquement multiformes que personne ne peut prétendre maîtriser totalement, il serait arrogant de prétendre refaire le monde. Dans les limites du temps qui m’est imparti, du moins vais-je essayer de proposer quelques éclairages que j’espère originaux par leur intrication : puisqu’on m’a demandé d’intervenir sur les relations « incestueuses » entre l’industrie pharmaceutique et la psychiatrie, je vais tenter de faire le lien avec ma réflexion prédominante autour de la « médicalisation ».

La bonne nouvelle, c’est que, pour un homme de ma génération, l’on rajeunit d’au moins 40 ans à parler des abus psychiatriques. La mauvaise nouvelle, c’est que si l’on en juge par son résultat actuel, la critique « antipsychiatrique » des années 1960-70 a débouché sur un cinglant échec… Comment l’expliquer ?

  • Historiquement, l’ambiance prétendument « contestataire » des années 1960-1970 a conduit à une critique « gauchiste » [2] de l’industrie pharmaceutique, d’autant plus stigmatisée comme paradigme du capitalisme qu’elle était déjà fort rentable et que, crime abominable assez révélateur de l’inconscient soixante-huitard, elle faisait son sale argent sur la santé des gens… Le problème, c’est qu’à cette époque, pour bousculée qu’elle fût déjà, l’industrie pharmaceutique avait encore un professionnalisme certain, attesté entre autres exemples par le fait qu’à l’échelle internationale, elle cumulait à elle seule à peu près autant de Prix Nobel de médecine que le secteur public.
    Dans la déroute de l’esprit critique induite par ce climat d’opprobre idéologiquement convenue quoique conceptuellement indigente, peu d’observateurs ont eu l’acuité d’apercevoir – encore moins : d’analyser – la formidable dégradation technico-scientifique qui s’est produite à partir des années 1980, quand les problématiques financières ont résolument pris le pas sur les exigences de la recherche pharmaceutique.
  • Quasi superposable, le parti pris de la contestation antipsychiatrique (souvent menée sous la houlette de psychiatres qui n’étaient pas forcément au fait de tous leurs présupposés inconscients [3]) était caractérisé, là comme ailleurs, par le rejet de toute autorité (à l’exception de la sienne propre), par la célébration romantique du malade mental comme subversif génial, par l’obsession foucaldienne du « pouvoir » (aussi ubiquitaire – j’allais dire « obsessionnel » – qu’imprécisément défini), ainsi que par une cruelle inconscience quant à la réalité de la souffrance psychotique et aux modalités de son soulagement.

Qu’y avait-il d’original, en fait, dans cette dénonciation démagogique de la psychiatrie avec son potentiel de contrainte ? Sans la moindre prétention à l’exhaustivité, j’ai spontanément en mémoire que pour s’en tenir à la série limitée et datée des aventures de Tintin, on trouve au moins quatre albums qui le mettent en scène, que ce soit via des infirmiers en blouse blanche (Tintin en Amérique ; L’étoile mystérieuse) ou une menace d’internement abusif (Les cigares du pharaon ; L’île noire) [4].

Cette déroute de l’esprit critique appliqué à la souffrance mentale a empêché de reconnaître l’accélération récente d’une brutalisation qui justifie – parmi bien d’autres causes – une résurgence de défiance citoyenne à l’égard de la psychiatrie, mais dont on retrouverait les principaux déterminants dans tous les domaines de la médecine actuellement (en incluant nombre de médecines réputées « douces », « holistiques » ou « homéopathiques » [5]), à savoir notamment : 1/ l’imposture expertale, 2/ la corruption, 3/ la médicalisation.

L’imposture expertale

De même que j’ai écrit naguère qu’en France, un individu est présumé compétent quand il a le statut d’expert judiciaire au lieu que ce statut vienne couronner une compétence documentable, un propos similaire pourrait s’appliquer exactement à toute l’expertise contemporaine, qu’elle soit médicale ou scientifique.

En psychiatrie, qu’il me suffise d’un seul exemple : celui de R. Spitzer, qualifié par d’aucuns comme le psychiatre « le plus important » du 20e siècle alors que, hormis sa maudite contribution au DSM III, on peinerait à trouver ailleurs des indices convaincants de sa supériorité intellectuelle ou professionnelle.

Qui ne voit, d’autre part, que par la seule vertu des psychotropes – en particulier des anxiolytiques et des psychotropes prescrits à tour de bras –, n’importe quel médecin, si bourrin soit-il, se voit promu grand expert de la souffrance psychique ? Ce n’est pas un hasard si les médicaments neuropsychiatriques (Neurontin, Geodon, etc.) apparaissent surreprésentés dans les sanctions judiciaires retentissantes qui, récemment, ont été décidées aux USA en représailles d’une promotion abusive : la neuropsychiatrie apparaît, par excellence, comme le domaine où il est le plus facile et le plus rentable de raconter n’importe quoi.

La corruption

Parmi bien d’autres spécialités, la psychiatrie fournit également une excellente illustration du propos facilement vérifiable de Paul Jorion selon lequel l’accès contemporain au statut « d’expert » valide simplement un niveau supra-normal de « tolérance personnelle à la fraude » [6]. Sur ce sujet, je me permets de renvoyer, entre autres, au site américain de l’Alliance for Human Research Protection pour trouver d’innombrables exemples documentant l’incroyable niveau de corruption financière entre l’industrie pharmaceutique et les principaux leaders d’opinion du monde psychiatrique.

A côté de la corruption financière, il faut également prendre en compte la corruption intellectuelle, c.-à-d. la propension à présenter comme établis des faits au mieux hypothétiques, et le plus souvent carrément fallacieux.

  • Il en va ainsi du « château de cartes » (Th. Szasz) représenté par le DSM [7] quand, sans même entrer dans le détail, il est patent qu’au simple niveau des moyens alloués [8] (en termes, par exemple, d’études épidémiologiques sur le long terme), il était strictement impossible de refonder l’entière nosographie psychiatrique en une dizaine d’années seulement et que, de toute façon, les évolutions des versions ultérieures (DSM IV et V) sonnent chacune comme le démenti effronté de celles qui ont précédé.
  • Que 25 ans après l’introduction des premiers inhibiteurs de la sérotonine (Prozac et les suivants), on en soit encore à discuter l’efficacité de ces produits [9], ainsi que leur potentiel à déclencher des effets indésirables gravissimes (suicides, comportements violents [10], dépendance…), en dit long sur le sérieux des évaluations opérées par les autorités sanitaires [11], sur la promotion telle qu’assurée par les leaders d’opinion, ainsi que sur la docilité intellectuelle des prescripteurs (pas seulement les psychiatres) dans leur majorité. Le même commentaire pourrait s’appliquer aux neuroleptiques « atypiques » – promus sur une réputation de tolérance améliorée alors que leur toxicité a été et reste occultée [12].
  • Au titre de la corruption intellectuelle, faut-il également revenir sur la pseudo-théorie du déficit en neurotransmetteurs, dont on attend toujours l’esquisse d’une démonstration tant soit peu scientifique [13] ?

En médecine, la corruption n’est pas l’apanage de la psychiatrie. Mais par rapport aux autres, cette dernière spécialité se signale quand même par l’ampleur et l’ubiquité du phénomène : car si un chirurgien peut fonder sa réputation sur son habileté technique, ou un interniste sur l’acuité de son diagnostic, peut-on imaginer ce que serait celle d’un psychiatre privé de psychotropes ? Si le milieu psychiatrique avait la moindre exigence de rigueur, comment aurait-il pu se faire que soit à ce point acceptée l’escroquerie scientifique pourtant patente (et, de toute façon, documentable) du DSM [14] ? La profondeur de la corruption financière et intellectuelle propre à cette spécialité jette un jour préoccupant sur une pratique qui, en l’absence d’une sémiologie objective, s’autorise à bafouer les droits humains les plus fondamentaux sur seule base d’un « certificat » : la pratique de l’expertise judiciaire m’a régulièrement permis de vérifier l’inconsistance et la variabilité du diagnostic psychiatrique [15], dans des affaires où si, grâce à la fantastique malléabilité du jargon spécialisé, chaque patient impliqué devient vite un manuel de nosographie à lui tout seul, il suffit de solliciter une contre-expertise pour obtenir un autre manuel, mais dans une version radicalement distincte [16] [17]…

La médicalisation

Quant à la médicalisation, elle n’est pas propre non plus à la psychiatrie [18]. Mais elle y est plus caricaturale qu’ailleurs, dans la mesure où elle saute aux yeux du plus profane : qui ne voit, aujourd’hui, que les plus élémentaires émotions de la vie relationnelle – le chagrin, a fortiori le deuil, mais également la timidité, le trac, la colère, la difficulté à lire ou à compter, les problèmes professionnels, etc. – sont rebaptisées « trouble mental » avec, et à chaque fois, des thérapeutiques médicamenteuses à la clé ?

Bien que j’eusse pu l’aborder sous la rubrique « corruption et fraude », je classe également au chapitre « médicalisation » la préoccupante tendance judiciaire à sanctionner de plus en plus de comportements (violences conjugales, harcèlement, alcoolisme, toxicomanie, abus sexuels…) par une « obligation de soins » dont on aimerait avoir la moindre preuve d’efficacité [19]. Que dire, dans le même ordre d’idées, de la compulsion aux « cellules psychologiques » qui scande désormais à peu près n’importe quel imprévu [20] – quand il existe d’excellentes raisons théoriques et pratiques pour craindre qu’elles ne fassent plus de mal que de bien ? Que dire, enfin, de l’effrayante déculturation qui conduit, aujourd’hui, des enseignants dépourvus de la moindre formation psychologique ou médicale à prétendre imposer, via les injonctions qu’ils adressent aux parents, des médicaments aussi problématiques que la ritaline : imagine-t-on une directrice d’école primaire convoquer des parents pour prétendre les contraindre à faire pratiquer telle ou telle intervention orthopédique chez leur enfant ?

Et si la psychiatrie sert ainsi de dernier refuge pour éviter de poser les vraies questions quant aux racines éducatives et sociales de la délinquance ou de la souffrance psychique, elle fonctionne également comme caution pour maintenir dans l’impunité les effrayantes dérives de la prescription gériatrique, en posant à tour de bras des diagnostics d’Alzheimer chez des sujets qui sont simplement empoisonnés par la multiplicité des médicaments – pas tous psychotropes – qu’ils reçoivent au mépris des exigences les plus élémentaires du consentement et de la dignité [21].

Ainsi et par contraste avec la subversion bobo des années 1960-70, nous ne pouvons plus nous contenter d’une réflexion antipsychiatrique superficielle relativement à une spécialité qui, désormais, nous menace tous, à tous les âges de la vie, dans une articulation perverse entre prévention et médicalisation :

  • quand c’est une expérience récurrente à l’école et ailleurs qu’avoir un – a fortiori deux – parents « psy » est un facteur de risque parmi les plus prévisibles de troubles comportementaux chez les enfants ou adolescents, de quel droit, au nom de quel savoir prétend-on confier (au nom de « la prévention », bien sûr) le repérage précoce de tels troubles à des professionnels qui peinent autant à les détecter, encore plus à les empêcher, dans leur propre progéniture ?
  • mise à la porte dans la mouvance hystérique de la contestation soixante-huitarde, la neuropsychiatrie revient désormais par la fenêtre, sous le prétexte, là encore, de détection et de prise en charge de maladies d’Alzheimer dont tout porte à croire qu’elles sont de plus en plus favorisées, voire créées, par une médicalisation aussi brutale qu’inadéquate ;
  • alors que, « scientifiquement », ils n’ont rien de plus sérieux que le grotesque DSM ou l’indécente théorie des neurotransmetteurs pour justifier leur prétendu savoir, de quelle supériorité de « bonne vie » – socialement visible – les psy pourraient-ils se prévaloir pour prétendre gérer chez autrui les émotions les plus intimes, les plus fondatrices et les plus incontournables de l’existence humaine ?

Pour conclure

J’y insiste constamment : la visibilité d’un expert dans le débat public ne doit pas lui servir de prétexte pour donner son opinion sur tout et n’importe quoi. Mais si j’ai accepté l’invitation d’aujourd’hui, c’est que – outre un engagement ancien et facilement documentable dans l’univers de la psychologie – les problèmes les plus aigus de la psychiatrie illustrent parfaitement deux de mes principales préoccupations concernant les dérives actuelles de la médecine en général :

  • le mépris du consentement et un recours de plus en plus inquiétant à des procédures de contrainte [22] ;
  • une solidarité nationale à contresens visant, sous le fallacieux prétexte de « l’innovation » [23], à rançonner les pauvres et les travailleurs au profit des prédateurs de la santé.

[1] Comme d’ailleurs admis avec transparence sur les sites que j’ai pu consulter, cette Commission est un organisme international co-fondé par Thomas Szasz et l’Eglise de scientologie. Si un compagnonnage intellectuel avec le premier (pour ce que j’en connais) ne me pose pas de problème personnel, je suis plus perplexe relativement à la seconde - elle-même mise en cause pour des pratiques de manipulation mentale qui semblent n’avoir rien à envier à celles ici dénoncées (mais que ses membres nient farouchement...). De toute façon, aux antipodes des convenances actuelles qui consistent à dissimuler l’absence de convictions profondes derrière la gesticulation des exclusions ou dénonciations implacables, j’évite de jouer le coup du mépris à l’égard de ceux - individus ou organisations - qui sollicitent mon expertise même lorsque leurs orientations n’ont pas mon agrément : d’expérience, le risque de voir ma réflexion récupérée me paraît faible et, moralement, je suis plus à l’aise dans cette position d’ouverture que dans l’omnipotence qui s’autorise à séparer rageusement les brebis et les boucs...

[2] « Critique artiste » diraient Boltanski et Chapiello dans leur incontournable ouvrage Le nouvel esprit du capitalisme (Paris, Gallimard - NRF Essais, 1999).

[3] Chez les professionnels de santé en général, et chez les psychiatres tout particulièrement, on ne s’interroge pas assez sur les déterminants inconscients des choix professionnels…

[4] A l’échelle de la série écrite par Hergé (que l’on pourrait sans doute compléter par d’autres aventures du même auteur), cette surreprésentation de la brutalité psychiatrique ne laisse pas de frapper alors que la représentation fictionnelle de la médecine en général (y compris dans Tintin) pèche plutôt par excès de lénification (Le médecin de campagne, Le Docteur Pascal, Les hommes en blanc…).

[5] M. Girard, Médicaments dangereux : à qui la faute ? Escalquens, Dangles, 2011 : pp. 117-126.

[6] Le Débat, sept-oct. 2010.

[7] Il s’agit du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (en anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders).

[8] Pour faire référence à ce que j’ai posé comme un paramètre clé de la crédibilité expertale (M. Girard, Alertes grippales – Comprendre et choisir, Escalquens, Dangles, 2009 : pp. 82-84.) C’est notamment sur l’aspect "statistique" que le DSM pèche par arrogance : il s’en faut de beaucoup que 10 petites années soient suffisantes pour collecter des statistiques fiables sur l’intégralité des pathologies mentales...

[9] Kirsch, I., et al., Initial severity and antidepressant benefits : a meta-analysis of data submitted to the Food and Drug Administration. PLoS Med, 2008. 5(2) : p. e45.

[10] Moore, T.J., J. Glenmullen, and C.D. Furberg, Prescription drugs associated with reports of violence towards others. PLoS One, 2010. 5(12) : p. e15337.

[11] Healy, D., Did regulators fail over selective serotonin reuptake inhibitors ? BMJ, 2006. 333(7558) : p. 92-5.

[12] Tyrer, P. and T. Kendall, The spurious advance of antipsychotic drug therapy. Lancet, 2009. 373(9657) : p. 4-5.

[13] Lacasse, J.R. and J. Leo, Serotonin and depression : a disconnect between the advertisements and the scientific literature. PLoS Med, 2005. 2(12) : p. e392.

[14] S. Kirk & H. Kutchins, Aimez-vous le DSM ? Le triomphe de la psychiatrie américaine, Le Plessis-Robinson, Les Empêcheurs de penser en rond, 1998 (trad. française).

[15] Au moment où s’écrivent ces lignes, la presse se fait l’écho d’un crime sexuel apparemment prémédité, perpétré sur une enfant de 13 ans par un adolescent de 17 ans déjà poursuivi pour des faits similaires, mais normalement scolarisé sur la base d’une expertise estimant qu’il ne présentait pas de « dangerosité particulière ». Certes et comme le soutient le procureur en cette espèce, la psychiatrie n’est pas une « science exacte » : mais qu’est-ce qui conduit les psychiatres à disserter comme si elle l’était – et à ne pas se déporter lorsque leur pseudo-savoir se trouve requis à fins de prédiction ? Dans une interview au Monde (22/11/11) portant sur cette affaire et postérieure à la mise en ligne de cet article, l’un des plus éminents experts psychiatres français reproche au Ministre de l’Intérieur de "confondre diagnostic et pronostic" : mais les psychiatres - surtout ceux qui acceptent des missions judiciaires (avec tout le prestige inhérent nonobstant les honoraires de "femme de ménage) - font-ils tout leur possible pour dissiper la "confusion" ?

[16] Il serait facile de citer des affaires judiciaires récentes où les « experts » psychiatres consultés se sont outrageusement contredits.

[17] Il est frappant, également, que les journalistes n’aient aucune difficulté à solliciter les lumières de certains « experts » psychiatres dans des affaires spectaculaires, à un moment où l’on ne sait encore strictement rien (ni sur l’identité du criminel, ni sur ses mobiles…)

[18] M. Girard, Médicaments dangereux..., ibid.

[19] J’attends encore la preuve d’efficacité des traitements imposés aux délinquants sexuels, dans la mesure où leurs crimes tiennent bien plus souvent à la perversité qu’à une libido d’intensité supra-normale : on peut n’avoir envie qu’une fois tous les cinq ans – et commettre l’irréparable à chaque fois…

[20] Dans un article de Sgen-CFDT Profession Education(n° 206, nov. 2011, p. 4), un collègue de l’enseignante qui s’est immolée par le feu, le 13/10/11 à Béziers, rapporte que dans les jours suivant le drame, aucune autorité hiérarchique n’a pris la peine de se manifester, le rectorat se contentant de répondre par e-mail aux enseignants qui réclamaient une entrevue : en revanche, le lycée a bien eu droit à l’inénarrable "cellule psychologique"...

[21] Je ne parle pas des demandes de tutelle ou de curatelle, trop facilement satisfaites même lorsque leurs motivations sordides vont de soi…

[22] En psychiatrie, on pense évidemment à la sinistre loi n° 2011-803 du 5/07/11, mais il ne faut pas oublier les récentes mesures de réquisition ou les plaidoyers de plus en plus insistants pour un élargissement d’obligations diverses, qui illustrent l’inquiétante vulnérabilité des professionnels de santé en général aux mesures de contrainte (une fois constaté que le préalable du consentement informé est, lui, depuis longtemps, déjà passé à la trappe des accessoires inutiles, dans le silence assourdissant des ordres et associations professionnels - parfois à l’incitation des autorités).

[23] Dans le discours des lobbies pharmaceutiques, la référence aux inhibiteurs de la sérotonine a toujours été présentée comme un paradigme « d’innovation » : on voit mieux, aujourd’hui, ce qu’il fallait en penser…


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