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"Epidémie" de rougeole : on fait quoi ?

mardi 7 juin 2011 par Marc Girard

Les "lanceurs d’alerte" à la solde n’étant jamais candidats au chômage, nous voici depuis peu avec une alerte "rougeole" après être passés tout à côté d’une alerte "grippe aviaire" grâce à nos voisins Hollandais - ou à leurs poules [1] (Le Figaro, 12/05/11).

Plusieurs internautes m’ont demandé mon avis sur cette nouvelle alerte "rougeole". Il est très simple.

  • Dans la mesure où de moins en moins de médecins - fussent-ils pédiatres [2] - savent poser un diagnostic de rougeole et où, de toute façon, le système français de déclaration dysfonctionne notoirement, j’ai les plus grands doutes sur la réalité de cette "épidémie" : eu égard au précédent récent de la "pandémie" porcine, la caution de l’Institut de Veille Sanitaire n’est pas faite pour calmer mes doutes...
  • En tout état de cause, si épidémie il y avait alors qu’on n’a jamais autant vacciné que depuis les dernières décennies, elle signifierait l’échec d’une politique de vaccination irresponsable, avec notamment la modification iatrogène de l’écologie naturelle de la maladie [3].
  • Il y a certes des complications gravissimes de la rougeole : dans nos régions, elles sont exceptionnelles et, à ma connaissance, rien ne démontre qu’elles aient été significativement réduites par la vaccination [4]. En revanche, il existe également des complications graves de la vaccination : compte tenu d’une part de la précipitation désordonnée avec laquelle les autorités décident de leur politique vaccinale, d’autre part du statut technico-réglementaire lamentable des vaccins aujourd’hui [5], j’ai de bonnes raisons pour penser que, sur le papier, le risque lié à ce type de vaccination est au moins aussi inquiétant que celui lié à la maladie naturelle. A partir du moment où, comme parfaitement illustré par l’espèce, les autorités sanitaires se révèlent strictement incapables de faire la moindre prévision fiable relativement à un paramètre aussi élémentaire que l’efficacité vaccinale, on me permettra de rester éminemment sceptique sur la prévisibilité des risques vaccinaux (spécifiques ou non spécifiques, directs ou indirects [6]) pour une maladie qui - on n’ose à peine le rappeler - était encore classée voici peu parmi les maladies "bénignes" de l’enfance...

Alors : on fait quoi ?

On rigole - comme d’hab...

[1] Du moins, et comme d’habitude, leurs poules d’élevage intensif...

[2] Il y a quelque chose d’assez comique à voir des confrères harceler les gens avec des complications rougeoleuses rarissimes et qu’ils ne verront jamais, alors qu’ils sont strictement incapables de poser ou d’exclure un diagnostic de rougeole devant une éruption cutanée...

[3] Daté de 1977 - Mathusalem -, le chapitre Rougeole du manuel de maladies infectieuses utilisé lors de mes études posait dès l’introduction que la rougeole (entendez : la maladie naturelle) est "solidement immunisante". On ne peut manifestement pas en dire autant du vaccin antirougeoleux...

[4] Merci aux contradicteurs d’apporter la moindre preuve du contraire.

[5] Pensez aux narcolepsies, survenues avec un vaccin dont je n’ai cessé, avant même qu’il ne soit introduit sur le marché, de dénoncer les conditions de développement (France-Soir, 26/08/09).

[6] M. Girard, Alertes grippales - Comprendre et choisir, Escalquens, Dangles, 2009 : pp.106-119.